Si le nouveau nucléaire s'impose peu à peu comme l'une des pistes privilégiées pour assurer la transition écologique, il pourrait également à terme devenir indispensable dans un secteur complètement différent : l'espace. La Nasa et l'agence de recherche de l'armée américaine, la Darpa, ont en effet annoncé mardi 24 janvier un partenariat visant à "développer et tester une technologie avancée de propulsion nucléaire thermique dès 2027".
Allier thermique et électrique
«Avec l'aide de cette technologie, les astronautes pourraient voyager vers et depuis l'espace profond plus rapidement que jamais», s'enthousiasme le patron de la Nasa, Bill Nelson, dans un communiqué. Comment ça marche ? Un moteur de fusée nucléaire thermique utilise un réacteur à fission pour générer des températures extrêmement élevées. Cette chaleur est transférée vers un combustible liquide (type hydrogène) puis, comme sur une fusée traditionnelle, celui-ci est expulsée sous forme de gaz via une tuyère pour fournir la poussée.
Bien qu'elle semble originale, l'idée est loin d'être nouvelle. La Nasa avait déjà mené des tests de fusée nucléaire il y a plus de 50 ans, mais le projet avait été suspendu en raison de coupes budgétaires et des tensions liées à la Guerre froide. L'agence spatiale américaine envisagerait cependant d'améliorer le concept de base en combinant la propulsion nucléaire thermique (NTP) et la propulsion nucléaire électrique (NEP). Cette dernière repose sur un réacteur fournissant de l'électricité à un moteur ionique, lui-même capable de générer un champ électromagnétique qui accélère des particules de gaz pour créer une poussée.
Réduire les risques pour les astronautes
Selon les calculs de la Nasa, cette conception bimodale permettrait d'atteindre Mars en 45 jours seulement, contre six à neuf mois aujourd'hui. Une révolution qui réduirait considérablement les risques encourus par les astronautes au cours des missions d'exploration, tels que les problèmes de santé engendrés par l’exposition aux radiations ou la microgravité par exemple, et qui faciliterait le transport du matériel nécessaire à l'établissement de bases lunaires ou martiennes.
En attendant de réussir à coloniser la planète rouge, le rêve (fou) d'Elon Musk et de nombreux amoureux de l'espace, la Nasa concentre ses efforts sur les premières étapes de la mission Artemis. Après de multiples retards, la capsule Orion transportée par la fusée géante SLS est enfin parvenue à décoller fin novembre puis à survoler la Lune le 5 décembre, avant de retourner tranquillement sur Terre. La répétition générale du grand retour sur notre satellite terrestre, avec un équipage cette fois mais toujours sans alunissage, devrait avoir lieu en 2024.



