Airbus dévoile une invention prometteuse pour les futures missions spatiales sur la Lune. Mardi 27 octobre, le groupe européen a présenté Roxy : un concept de machine capable de convertir la poussière lunaire en métaux et surtout en oxygène. Si elle se concrétise, cette technologie pourrait aider les acteurs du secteur à établir une présence durable sur notre satellite.
De l’oxygène extrait d’un échantillon de poussière lunaire simulée
L’agence spatiale américaine gère scrupuleusement ses stocks d’échantillons lunaires. Les ingénieurs d’Airbus à Friedrichshafen (Allemagne) ont donc utilisé de la poussière lunaire simulée pour leurs expériences. On parle aussi de régolite lunaire pour décrire le sol de la Lune. D’où le nom du projet : Regolith to OXYgen and metals conversion (Roxy, à ne pas confondre avec la marque de vêtements homonyme du groupe Quiksilver).
Beth Lomax - University of Glasgow (L'Agence spatiale européenne a mené une expérience similaire à celle d'Airbus. Sur cette photo, on voit à gauche de la poussière lunaire simulée et à droite des métaux produits à partir de cette poussière. Crédits : Beth Lomax - University of Glasgow)

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D’autres institutions ont contribué au projet : l’université de Boston aux États-Unis, l’entreprise espagnole Abengoa Innovación et l’institut allemand IFAM spécialisé dans les technologies de fabrication et dans les matériaux avancés. Après deux ans de développement, une série de tests en laboratoire a été menée en septembre à l’IFAM. “De l'oxygène a été extrait d'un échantillon de poussière lunaire simulée. C’est un premier petit pas, mais le chemin est tout tracé vers un système opérationnel”, se réjouit Airbus dans un communiqué.
Des applications sur la Lune et sur Terre
L’apport en oxygène représente naturellement l’une des principales problématiques pour les missions habitées dans l’espace. Or les scientifiques estiment que la régolithe lunaire se compose de 40 à 45 % d’oxygène. Aujourd’hui, les navettes s’appuient sur des modules de service qui stockent de l’eau, de l’oxygène et de l’énergie mais en seulement quantités limitées. Airbus sait de quoi il parle dans ce domaine puisqu’il fournira le module de service d’Orion, le vaisseau spatial qui devra transporter des astronautes américains vers la Lune.
Airbus (Airbus veut décliner son concept en machine compacte et rentable. Crédit : Airbus)
Pour l’instant, Airbus a simplement dévoilé des images de synthèse en lien avec le projet Roxy. L’industriel européen indique que son concept ne nécessiterait pas de matériaux ou de consommables supplémentaires provenant de la Terre. “Il pourrait être le cœur d'une chaîne de valeur intégrée utilisant la fabrication additive pour produire une large gamme de produits ‘Made on the Moon’. Ces produits pourraient comprendre des métaux, des alliages et de l'oxygène. Combiné à la glace présente sur la Lune, il serait même possible de produire du carburant pour fusée à partir de la poudre métallique Roxy”, poursuit Airbus.
L’entreprise imagine également des applications sur Terre. Alors que la production d’acier représente 5 % des émissions totales de CO2 dans le monde, le concept Roxy fonctionnerait sans générer d’émissions.
Des technologies essentielles pour une éventuelle base lunaire
Outre Airbus, d’autres acteurs s’intéressent à “l’upcycling” de la poussière lunaire. En octobre 2019, l’Agence spatiale européenne (ESA) avait également présenté un prototype capable de transformer de la régolithe simulée en métaux, une fois l’oxygène extrait de la poussière lunaire.
Airbus (Le module de service du vaisseau Orion sur lequel travaille Airbus. Crédit : Airbus)
Le développement de ces technologies va jouer un rôle important dans la réussite du programme spatial Artemis mené par les États-Unis. La Nasa souhaite envoyer des astronautes sur la surface de la Lune dès 2024. À terme, l’agence spatiale américaine espère également établir une présence permanente sur la Lune pour réaliser de nouvelles découvertes scientifiques et pour poser les bases d’une “économie lunaire” avec le concours d’acteurs privés. Ces progrès doivent également préparer une future mission habitée vers la planète Mars.



