Etude

L’emploi des cadres se relève... sauf dans l’industrie

Les recrutements de cadres ont quasiment retrouvé leur niveau d'avant-crise en 2021, selon une étude de l’Apec... Sauf dans l’industrie, où le nombre de recrutements reste inférieur de 16% à celui de 2019.

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Handicapée par de faibles recrutements de cadres dans plusieurs secteurs, l'industrie n'arrive pas à retrouver son niveau d'embauches de 2019.

269 100 cadres ont été recrutés en 2021. C’est un niveau inférieur de 4% à celui d’avant-crise, en 2019 (281 300 recrutements), selon les chiffres publiés lundi 4 avril par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). L’année 2020, atypique, n’est pas utilisée pour la comparaison. « La situation a basculé à la mi-2021 avec l’amélioration de la conjoncture, commente Pierre Lamblin, directeur des études de l'Apec. Si l’on atteint quasiment le niveau de 2019, il n’y a pas d’effet rattrapage de l'année 2020, faible en recrutements. »

Les résultats montrent une grande disparité selon les secteurs : hausse de 3% des recrutements de cadres pour la construction, baisse de 2% pour les services, secteur le plus recruteur de cadres, chute de 7% dans le commerce, et écroulement de 16% dans l’industrie, en queue de peloton. 33 000 recrutements de cadres ont eu lieu dans l’industrie en 2021, contre 39 400 en 2019 et 30 000 en 2020.

L'agro, seul secteur industriel en hausse

« L’industrie est tirée vers le bas par des secteurs qui sont restés très faibles en recrutements, comme la construction automobile et aéronautique, à -24% par rapport à 2019, analyse Pierre Lamblin. Seul le secteur de l’agro-alimentaire est en hausse, avec +7% de recrutements, mais à des volumes modestes, soit 4 100 recrutements en 2021. » Plus gros secteur industriel en volume, la métallurgie-mécanique a embauché 7 400 cadres en 2021 (-13%), suivie de la chimie-pharma, avec 4 400 recrutements (-19%). Les recrutements de cadres sont en chute de 37% dans l’énergie, l’eau et les déchets, ainsi que de 30% dans l’industrie du bois, du papier et de l’imprimerie.

Tous secteurs confondus, seules deux régions retrouvent leur niveau de 2019 : la Bretagne et la région PACA. Dans l’industrie, la Provence-Alpes-Côte d'Azur dépasse même le nombre de recrutements de 2019 (+2%) en 2021, mais sur de faibles volumes. Toujours dans l’industrie, les recrutements de cadres diminuent de 24% en Occitanie entre 2019 et 2021, de 9% en Normandie.

L’Apec a renoncé pour l’instant à publier ses prévisions d’embauches pour 2022, son enquête auprès des entreprises ayant été menée en décembre et janvier, avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « Les prévisions économiques sont constamment revues à la baisse, voire pas revues du tout, tant les incertitudes sont grandes, justifie Pierre Lamblin. Nous attendons les données du premier trimestre pour pouvoir faire des estimations sur 2022. » Rendez-vous le 27 avril.

Salaire inchangé dans l'industrie…

Dans une deuxième enquête, l’Apec relève une petite hausse de 2% en trois ans du salaire médian annuel des cadres, qui passe de 50 000 euros bruts annuels en 2018, 2019 et 2020, à 51 000 euros en 2021. « On retrouve une dynamique plus favorable, mais loin des niveaux de l’inflation, et sans progrès, une fois encore, dans la réduction des inégalités femmes-hommes », commente Gilles Gateau, directeur général de l’Apec, dans un communiqué.

Quand le revenu médian des femmes cadres s’établit à 47 000 euros, il est de 54 000 euros pour les hommes. De la même manière, 44% des femmes ont été augmentées en 2021, contre 48% des hommes. « Ce qui signifie que plus de la moitié des cadres n’ont pas été augmentés l’an dernier, et sans doute l’année d’avant », observe Pierre Lamblin. Ce qui explique la forte mobilisation, y compris des cadres, pour obtenir des augmentations lors des NAO pour 2022. « Depuis début 2020, 7 cadres sur 10, parmi ceux qui ont passé un entretien d’embauche, ont cherché à négocier leur salaire. Parmi ceux qui ont refusé une proposition, 40% l’ont fait en raison du salaire », note Pierre Lamblin.

L’industrie, avec un salaire médian de 55 000 euros pour les cadres, inchangé par rapport à 2020, se positionne dans le haut du panier. Ce salaire est de 54 000 euros dans le commerce, 50 000 euros dans le BTP et les services.

… Mais à la baisse pour les jeunes diplômés

La troisième enquête de l’Apec, sur l’insertion des jeunes diplômés, montre que les diplômés de 2020 n’ont pas trop pâti de la crise du Covid, sauf les diplômés en lettres, langues, et en art. Les autres sont 85% à être en emploi un an après leur diplôme (contre 89% des diplômés en 2018). Ils ont un statut cadre et un CDI dans les mêmes proportions que les promotions précédentes.

Avec un bémol : 20% des bac+5 en emploi indiquent occuper un job alimentaire, en hausse de 2 points. « Avec les 20% qui ne sont pas en emploi, cela fait beaucoup de jeunes, parmi les plus diplômés, en situation précaire », note le directeur des études de l’Apec. Autre bémol : le salaire médian des bac+5, à 30 000 euros bruts, est en baisse. Il était de 31 000 euros pour les promotions précédentes. Dernier enseignement de cette étude : l’apprentissage facilite l’insertion professionnelle. Douze mois après l’obtention de leur diplôme, les apprentis sont en emploi à hauteur de 89% (78% pour les autres), en CDI à 73% (57% pour les autres), et gagnent 33 000 euros bruts annuels (27 000 euros pour les autres).

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