Les cadres contre le report de l’âge de la retraite et pour un encadrement de l'écart des salaires

Porter l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 62 ans pourrait bien ne pas être une tâche aisée pour le futur président ou la future présidente de la République qui le souhaiterait. Plus de la moitié des cadres sont opposés à cette mesure, selon un sondage dévoilé mardi 15 mars par l’Ifop avec Cadremploi. Celui-ci donne aussi leur position sur différentes mesures proposées par les candidats à l'élection présidentielle et le niveau de leur popularité sur cette population.

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Le sondage de l'Ifop et Cadremploi montre un fort besoin de reconnaissance des cadres.

« Un rejet assez net. » C’est par ces quelques mots forts que Frédéric Dabi a qualifié, mardi 15 mars, l’attitude des cadres par rapport aux pistes de réforme du système de retraite en France. Le directeur général Opinion de l’institut de sondage Ifop commentait les résultats d’un sondage sur l’état d’esprit et les attentes des cadres à l’approche de l’élection présidentielle d’avril. Celui-ci a été mené début février avec le site de recrutement Cadremploi, auprès d’un échantillon de 1001 cadres représentatif du secteur privé.

Ses enseignements par rapport à une possible réforme des retraites sont particulièrement intéressants, alors que le Président-candidat Emmanuel Macron compte repousser progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans d’ici à 2032. La première génération concernée par cet âge de départ devrait être celle née en 1969. Ce qui n’est pas du goût d’une majorité de cadres : 57% d’entre eux sont défavorables au fait de repousser l’âge légal du départ à la retraite au-delà des 62 ans actuels. La candidate des Républicains Valérie Pécresse et Eric Zemmour proposent également un report au-delà de 62 ans.

Une seule mesure satisfait les cadres

Mais plus largement, Frédéric Dabi note « un rejet majoritaire » sur la quasi-totalité des solutions envisagées pour réformer le système de retraite. Près de 6 cadres sur 10 refusent un allongement de la durée de cotisation et 7 sur 10 sont défavorables à une augmentation des cotisations sociales. La pire des mesures serait pour eux de diminuer le niveau des retraites (86% d’avis défavorables). Un seul changement convainc une majorité de cadres (55%) : le recours à des fonds de pension (système par capitalisation) pour compléter le système de retraites par répartition.

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« L’adhésion est beaucoup moins forte par rapport à 2015 et 2010. Il y a un vrai désenchantement » des cadres vis-à-vis d’une telle réforme, souligne Frédéric Dabi. Le pourcentage de cadres d’accord est en recul pour chacune des propositions par rapport à 2015 et quasiment en recul pour toutes par rapport à 2010. De quoi pousser Frédéric Dabi à souhaiter « bonne chance » au futur président ou à la future présidente qui envisagerait de repousser l’âge légal de départ à la retraite. A l’inverse, les cadres sont parfaitement partagés quand on leur demande s’ils sont pour ou contre le rétablissement de la retraite à taux plein à 60 ans. Cette position est défendue par le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon et le candidat communiste Fabien Roussel.

Le top 3 des candidats avec l'image la plus positive est...

A l’image du besoin de reconnaissance global qui ressort de l’étude, les cadres semblent par ailleurs particulièrement attentifs à la question de la rémunération. Plus de 7 sur 10 sont plutôt favorables ou tout à fait favorables pour encadrer les écarts de salaire dans une même entreprise. Jean-Luc Mélenchon et la candidate socialiste Anne Hidalgo veulent ainsi limiter de 1 à 20 l’écart entre le salaire le plus haut et celui le plus bas d’une entreprise. Une proportion similaire de cadres voient positivement l’inscription dans la loi de l’augmentation des salaires en fonction de l’inflation. La semaine de quatre jours semble aussi majoritairement leur convenir, la réduction du temps de travail étant principalement portée par les candidats de gauche à la présidentielle.

Ces prises de position ne suffisent bien sûr pas à résumer l’image d’un candidat aux yeux des cadres. Emmanuel Macron possédait ainsi une bonne image auprès de 56% des cadres début février. Valérie Pécresse (41%) et Yannick Jadot (35%) se hissent sur le podium. A contrario, 80% des cadres avaient une mauvaise image de Jean-Luc Mélenchon. La candidate du Rassemblement national Marine Le Pen (78%) et Eric Zemmour (77%) arrivent deuxième et troisième en matière de rejet.

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