Dans un bâtiment de la RATP, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), cinq designers travaillent aux projets d’information voyageurs statiques et dynamiques. À l’intérieur, c’est tout l’historique de l’ancienne régie avec 130 ans d’histoire du design et de la signalétique qui est retracé sur un mur de photographies. Avec des succès qui ont marqué des générations d’usagers du métro parisien comme le PILI (Plan indicateur lumineux d’itinéraires) lancé en 1937 à l’occasion de l’Exposition universelle qui a survécu jusqu’au début des années 2000. Et des échecs retentissants comme la borne Situ lancée en 1984 qui délivrait un ticket papier avec l’itinéraire. Des symboles perdurent comme le bleu de Sèvres utilisé depuis le milieu du XIXe siècle pour les plaques avec les noms de rue à Paris et qui reste la marque de Paris et de la RATP pour les noms des stations de métro.
La typographie Parisine
Le DesignLab travaille pour tout le groupe, au Caire, en Toscane et bien entendu en Île-de-France. « Pour les JO de Paris, ce sont les codes de la RATP qui ont été repris pour la signalisation statique avec la typographie parisine [créée par Jean-François Porcher, Ndlr], rappelle Jimmy Brun, porte-parole et directeur de la communication de la RATP qui a annoncé la publication du Manifeste de l’information voyageurs. Il faut délivrer l’information suffisamment tôt pour s’adapter aux besoins des voyageurs. » Cette fameuse typographie Parisine définie à la fin du siècle dernier a nécessité deux décennies pour être généralisée. Elle est facile à lire même de loin.
Dans une salle, Guillaume Gendrillon montre les recherches pour la signalétique qui sera développée sur le module inter voitures des portes palières de la ligne 13 du métro quand elle sera automatisée. Les travaux sont prévus entre 2027 et 2030. «Il faut rendre le message le plus clair et le plus intelligible possible, explique le designer. À toutes les étapes des projets, nous travaillons avec les autorités organisatrices (AOM).» Le savoir-faire des cinq designers est mis en avant par le PDG de la RATP, Jean Castex qui veut ériger l’information voyageurs comme une priorité avec des renseignements précis et en temps réel (horaires, incidents, retards, itinéraires…), une information humaine et accessible à tous grâce aux différents supports (écrans, sonorisation, signalétique, etc.).
Olivier Cognasse Guillaume Gendrillon, l'un des cinq designers de la RATP qui développent l'information voyageurs.
Une maquette en bois grandeur nature
Dans le DesignLab, des projets, presque finalisés, vont être déployés à partir de la fin d’année comme les nouvelles bornes d’information pour les tramways ou plus impressionnant, une maquette en bois grandeur nature d’un wagon avec plusieurs configurations possibles. La première concerne les futurs métros de la ligne 10 – les MF19 qui vont équiper huit lignes dans les prochaines années – pour tester les futurs écrans. Innovation majeure : des écrans dynamiques avec le plan de la ligne orienté sur la marche du train en flux entrant qui se déplace selon l’avancée de la rame sur la ligne et le plan du quai en flux sortant. «Il doit permettre de fluidifier les échanges quais/train, précise Guillaume Gendrillon. Gagner quelques secondes c’est essentiel.» En deuxième configuration, on est assis dans le RER B avec le paysage qui défile. Les premières rames sont prévues pour 2027.
La marque RATP n’est pas toujours retenue même si ce sont les designers qui travaillent sur les projets, notamment pour le Grand Paris express qui aura sa propre signalétique, ou les trams avec la signalétique d’Île-de-France Mobilités. Comme pour les futurs écrans dans les abribus parisiens avec l’ouverture à la concurrence.



