Alors que le salon Global Industrie débute à Lyon lundi 6 septembre, a l'international, une multitude de pépites émergent. Elles sont dotées de moyens conséquents pour atteindre leur objectif commun: faciliter la prise en main des robots.
Bright Machines propose des micro-usines intelligentes
Après une sortie du bois fracassante, avec 179 millions de dollars en poche en 2018, Bright Machines, une start-up de San Francisco (États-Unis) a annoncé en 2021 sa future entrée en Bourse via une Spac (société sans activité opérationnelle aux titres émis pour une durée limitée pour une ou plusieurs acquisitions). Son créneau? Des "software defined microfactories". Soit des cellules modulaires et intégrées, combinant matériel (bras, préhenseurs, capteurs...) et logiciels de pointe afin de programmer sans efforts diverses tâches – assemblage, soudage, fixation, inspection –, notamment pour automatiser les petites séries.
Covariant accroît la dextérité industrielle
Donner un cerveau aux robots industriels. Telle est l’ambition de Covariant, créé en 2017 et dont la dernière levée de fonds, fin juillet, a porté la totalité des investissements injectés dans la pépite à 147 millions de dollars. Avec des scientifiques de haut vol, la start-up californienne développe une brique d’intelligence artificielle : le Covariant Brain. Un combo d’apprentissage profond et de renforcement pour doter les bras de capacités de vision et d’adaptation à leur environnement. Une ambition qui intéresse en premier lieu la logistique, en quête de solutions performantes de dévracage pour les objets en désordre. Grand gagnant d’un concours organisé par ABB sur l’IA, Covariant a signé début 2020 un partenariat avec le roboticien helvetico-suédois pour développer sa solution.
Onrobot repense les préhenseurs
Né au cœur de l’écosystème robotique d’Odense, au Danemark, OnRobot travaille depuis 2015 à rendre les effecteurs des robots plus collaboratifs. C’est-à-dire à repenser les pinces, préhenseurs et outils en tout genre (du tournevis à la caméras) dont sont dotés les robots pour les rendre plus flexibles et plus simples à utiliser. Que ce soit via des architectures généralistes, capables de réaliser différentes tâches, ou au travers de briques logicielles permettant de brancher ces dernières aux robots existants. La pépite, qui a levé 27,5 millions de dollars fin 2019, s’attache à étendre son marché dans le monde.
Realtime Robotics fluidifie les trajectoires
Quand les robots se multiplient, les risques de collision aussi. Et le temps passé à en planifier le mouvement explose. Depuis 2016, à Boston (États-Unis), Realtime Robotics développe un processeur et des algorithmes d’IA pour permettre aux robots de calculer la meilleure séquence de mouvements pour une tâche, mais aussi de décider en temps réel de la meilleure trajectoire et, si besoin, d’ajuster leur chemin pour éviter un obstacle, robot ou humain. Realtime Robotics a levé 43 millions de dollars en cumulé et compte parmi ses investisseurs Toyota, avec qui il collabore, et l’automaticien allemand Hahn.
Wandelbots dessine les trajectoires
Ne plus coder, mais dessiner manuellement les tâches à robotiser. C’est la proposition de la pépite allemande Wandelbots, qui a conçu pour cela un... stylo (intelligent, bien sûr). Muni de ce TracePen, un opérateur peut dessiner diverses trajectoires, directement traduites en lignes de code. Il suffit ensuite d’optimiser les tracés et d’ajouter d’éventuelles instructions via une interface graphique, avant que le robot ne vienne imiter le dessin réalisé, avec une précision submillimétrique. Au total, la start-up a déjà levé près de 37 millions d’euros.
Robust.AI révolutionne le contrôle
Construire le premier moteur cognitif de niveau industriel pour les robots. Ou, en termes simples, les doter de bon sens pour leur permettre d’évoluer dans un environnement complexe, et même d’y résoudre des problèmes. L’ambition de Robust.AI, né en 2019 à Palo Alto (États-Unis), a de quoi faire hausser le sourcil. Pour y parvenir, la jeune pousse compte coupler apprentissage automatique et IA symbolique (capable de raisonner à partir de règles). Un défi scientifique pour lequel elle peut déjà compter sur plus de 22 millions de dollars levés et sur une équipe chevronnée.



