La cobotique permet aux entreprises de s'équiper en petits robots, plus simples à programmer et au contact des opérateurs. Mais son déploiement bute sur un manque de compétences, alors que l’utilisation de cobots est moins complexe que celle des robots industriels. La France essaie de rattraper son retard en formant de plus en plus d'étudiants.
« Depuis trois ou quatre ans, il y a un vrai engouement pour les formations en robotique, qui émergent aussi bien en lycée professionnel, qu’en BTS, licences pro, masters, écoles d’ingénieurs, note Martin Duterte, ingénieur technico-commercial en charge de l’enseignement chez Universal Robots, entreprise danoise, leader mondial des cobots. La France est devenue le deuxième marché d’Europe en robots collaboratifs, derrière l’Allemagne. Mais comme elle n’était qu’en quatrième ou cinquième place en robots industriels, le pays ne formait pas beaucoup sur ces compétences. C’est en train de changer. »
Selon la revue spécialisée Planète Robots, la France compte désormais près de 250 formations en robotique, des spécialisations suivies dans le cadre d’un DUT (52), d’un BTS (133), d’une licence professionnelle (30) ou d’une formation ingénieur/master (une trentaine).
Licence pro et apprentis ingénieurs

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Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
SUPii Mécavenir, un centre de formation d’apprentis (CFA) de Puteaux (Hauts-de-Seine) et Mantes-la-Ville (Yvelines) créé par la Fédération des industries mécaniques (FIM), s’est équipé il y a un an de deux cobots UR3 d’Universal Robots. Ils sont utilisés par une dizaine d’apprentis de la licence professionnelle en robotique et une autre dizaine d’élèves de l’école d’ingénieurs de Mécavenir inscrits en Génie industriel Innovation Conception. Deux formations assurées en partenariat avec le CNAM.
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Pour Hakim Latrache, formateur en robotique à Mécavenir, « utiliser les cobots est une première étape dans la formation des étudiants vers l’utilisation de robots industriels ; au niveau de la programmation, c’est la même chose. De plus, ils ne nécessitent pas les mesures de sécurité drastiques qui entourent l’utilisation des robots industriels ». Les cobots sont de plus en plus utilisés pour les tâches de chargement/déchargement ou de conditionnement des marchandises. Ils peuvent aussi souder, polir, déposer de la colle…
Le formateur voit d’autres avantages aux cobots d’Universal Robots. « Ils fonctionnent quasiment en open source, puisqu’ils sont compatibles avec le système d’exploitation ROS, ce qui règle le problème des licences à renouveler, coûteuses ; et les robots eux-mêmes sont parmi les moins chers du marché. » De plus, ces robots collaboratifs sont souvent utilisés dans les laboratoires de R&D, pour faire des tests, et les apprentis y font souvent leurs stages. Enfin, les cobots UR proposent des simulateurs de programmation en ligne, et l’environnement du robot peut être simulé en 3D.
Kits pédagogiques
Pour réussir à s’imposer dans les établissements d’enseignement supérieur, Universal Robots leur propose des kits pédagogiques qui comprennent deux jours de formation à distance des enseignants, des cours, des travaux pratiques corrigés, des exercices corrigés et des modèles d’examen. De quoi leur préparer le travail, mais ces supports peuvent être adaptés à la pédagogie de chacun. De plus, les étudiants peuvent accéder à l’Universal Robots Academy, une formation en ligne gratuite de quinze modules interactifs déployée dans une trentaine de langues depuis près de cinq ans. Le lycée professionnel Pierre Emile Martin de Bourges (Cher), par exemple, utilise six de ces modules pour ses étudiants en BTS électrotechnique. L’IUT d’Amiens et Centrale Lyon se sont également laissés tenter.
« Dans les premiers niveaux de formation, les étudiants utilisent de la programmation basique, ils apprennent au robot à répéter une tâche, explique Hakim Latrache. Les utilisateurs plus aguerris, ceux de la filière ingénieur, par exemple, vont plus loin dans la programmation et rentrent dans les lignes de code. » Universal Robots offre la possibilité aux étudiants de décrocher une certification attestant qu’ils maîtrisent ses technologies, « comme s’ils étaient venus se former chez Universal Robots ou dans un de nos centres agréés », détaille Martin Duterte.
Peu d’établissements français proposent cette certification, exigeante, pour le moment. Hakim Latrache y travaille pour son CFA. « Il faut qu’on aille plus loin, on aimerait même devenir un centre de formation agréé par UR. » Ce qui pourrait ouvrir à Mécavenir la porte de la formation continue.



