Les cobots, couteaux suisses face à la pandémie

Flexible et simple à installer, la robotique collaborative pourrait tirer son épingle du jeu dans le contexte de l'épidémie de Covid-19.

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Universal Robots a multiplié les initiatives pour promouvoir ses cobots, utiles pour augmenter rapidement une production.

Depuis sa base d’Odense, au Danemark, Universal Robots reste actif. Principal acteur du secteur de la robotique collaborative, le roboticien a enchaîné webinaires et salons numériques. En France, pour ne pas perdre de vente, il est allé jusqu’à mettre en place un maillage fin de showrooms pour présenter ses cobots, ainsi qu’à proposer des solutions de prêts et de paiement différé à destination des PME.

Depuis la fin de l’été, les commandes ont repris, portées par les écoles et les organismes de formation qui s’attendent à une hausse de la demande. De quoi rattraper le confinement ? "Il est trop tôt pour se prononcer", affirme le directeur France d’Universal Robots, Jocelyn Peynet, qui constate "une explosion de l’intérêt des clients". Pourquoi ce succès ? "Un cobot peut facilement trouver sa place sur une ligne de production pour y apprendre le geste juste." Une simplicité d’emploi que le roboticien danois vante depuis ses débuts, et qui fait de la crise sanitaire une nouvelle occasion de prêcher pour sa paroisse.

Flexibles, relativement aisés à configurer, et capables d’opérer aux côtés d’opérateurs humains, les cobots ont des atouts pour plaire en contexte de crise. Ce que rappelait en juin un article publié dans la revue "Science Robotics", dans lequel des chercheurs danois et britanniques opposaient automatismes traditionnels "pas assez flexibles pour des reconfigurations de grandes échelles", et cobots "utiles pour augmenter rapidement une production en situation d’urgence".

La flexibilité est aussi un atout côté vente. Positionnée sur le créneau aéronautique, pour lequel elle intègre des cobots avec des effecteurs qu’elle conçoit elle-même, la PME girondine AeroSpline a pris la crise de plein fouet. Pas de quoi diminuer l’enthousiasme de son dirigeant, Maxime Hardouin, qui raconte avoir été "déjà très sollicité dans le cadre du plan de relance", mais cherche surtout à profiter du moment pour investir d’autres domaines, comme la logistique ou le nautisme. Dans ces secteurs, les PME pourraient se laisser convaincre par des robots versatiles espère-t-il, en pointant le rôle moteur des subventions proposées par l’État. 

La personnalisation, tendance de fond

La cobotique grande gagnante ? "Nous avons beaucoup de demandes de ce côté, convient Jean-Hugues Ripoteau, le président de Fanuc France, mais la tendance à la flexibilité et à la cobotique était dans l’air du temps avant la crise. "

Pas de quoi remplacer la robotique classique, incontournable pour sa rapidité et sa précision et qui forme le gros du marché, rappelle Staübli. "La crise a montré de manière flagrante l’intérêt de la flexibilité : des entreprises ont dû produire rapidement du gel hydroalcoolique et des respirateurs, et la personnalisation est une tendance de fond", reconnaît Jean-Michel Bombar, en charge des robots fixes du japonais Omron pour l’Europe du Sud. Une flexibilité qui ne passe pas que par l’automate, mais aussi par l’outillage qu’il porte et les compétences de ses opérateurs, juge cependant l’ingénieur, pointant l’importance du développement d’interfaces de programmation simples, mais aussi de programmes de formation pour les futurs coboticiens. 

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