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Ce petit robot Made in France veut révolutionner le travail dans les vignobles

Dans l'appellation champagne, où les machines à vendanger sont interdites, un robot autonome et électrique fait son apparition. Baptisé Bakus, ce robot, conçu et assemblé à Reims (Marne), automatise certaines tâches viticoles tout en respectant les règles strictes de la tradition champenoise. 

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Bakus robot viticole
Bakus en action, non pas en Champagne mais en Provence. Ce robot est né à Reims (Marne).

D’un côté, les coteaux de la tradition champenoise. De l’autre, la précision robotique. Entre les rangées alignées de pinot, près du domaine de Saran, une machine bleue, aux allures de chien-robot des concepts de Boston Dynamics, sillonne la terre crayeuse. La pente est raide, le terrain accidenté, mais le robot nommé Bakus (référence au dieu du vin dans la mythologie grecque) avance avec assurance. Ses roues robustes et son système de suspension sophistiqué lui permettent de naviguer sans difficulté sur ce terrain difficile. Pas de conducteur à bord : un vigneron, télécommande en main, pilote à distance cet engin, non sans éclipser les tractoristes.

Bakus est le fruit de l’entreprise rémoise Vitibot, fondée en 2018 par un père vigneron et son fils ingénieur en robotique, et aujourd’hui filiale du groupe Same Deutz-Fahr. Avec 50 salariés et un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros en 2022, Vitibot se spécialise dans la robotique viticole, en respectant toutes les contraintes de l’AOP. La filiale a livré début juillet 2025 son 200e Bakus , assemblé dans son usine de Reims. Équipé de modules spécialisés, l'engin aère et structure les sols, favorise la santé racinaire de la vigne et adapte ses outils aux spécificités du terrain.

Un enjambeur 100% électrique et autonome

«Certains viticulteurs sont très sensibles à l'aspect environnemental. Bakus les rassure car la machine est électrique et hydraulique, ce qui limite les fuites d’huile, un vrai plus pour ceux en agriculture biologique. Et sans glyphosate, les bénéfices sont évidents», souligne Michaël Fontanin, directeur marketing et communication de Vitibot pour L’Usine Nouvelle.

Vitibot propose aux viticulteurs un enjambeur 100% électrique et autonome, pilotable via un smartphone dédié. Pesant deux tonnes, ce robot se déplace à une vitesse maximale de 6 km/h avec une autonomie de 10 heures, extensible à plus de 15 heures grâce à une recharge rapide en moins de deux heures. Il est équipé de dispositifs spécifiques pour assurer la sécurité des utilisateurs et la qualité du travail sur la vigne. La version de base est vendue 169 000 euros.

«Le robot peut s’adapter en fonction du type de sol et du travail effectué par la rogneuse, ce qui représente une grande complexité pour la machine. La base du robot est la même pour tous nos clients, mais nous l’accompagnons de composants et d’outils spécifiques afin de répondre aux besoins particuliers de chacun», explique Michaël Fontanin.

Une innovation pour la viticulture de précision

Ce robot est adapté à la viticulture de précision, une innovation rare dans une région où les machines à vendanger sont interdites pour préserver l'AOP, limitant l'utilisation de robots dans les vignobles. «Le robot ne fait ni la vendange ni la taille, il se concentre sur le travail du sol. Nous ne sommes pas une vendangeuse telle qu'on la conçoit pour les travaux dans la vigne», précise Vitibot. Trois nouveaux robots sont en développement chez Vitibot afin de répondre à d’autres besoins agricoles, sur différents types de cultures et de terrains. L'innovation a notamment séduit Moët, la maison de champagne de LVMH, qui en possède une dizaine.

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