Au-delà du boulevard périphérique parisien, dans un quartier déshérité à cheval sur Paris et Aubervilliers se trouve au bout d’une impasse, le logo de la RATP. Véritable cœur de la rénovation des infrastructures du métro parisien, les Ateliers de la Villette s’y étendent sur 7,5 hectares. Depuis 1910, c’est là que des générations d'agents se succèdent pour fabriquer, entretenir et maintenir les appareils de voie (ADV) pour le métro et partiellement pour le RER. Ils y sont 310 actuellement, dont la majorité travaillent la nuit. À l’intérieur, du bâtiment principal, des aiguillages sont composés d’une lame appliquée sur un contre-rail pour guider les rames dans les bifurcations et les croisements d’itinéraires. Chaque appareil est fabriqué selon la géométrie du réseau grâce aux plans établis par le bureau d‘études. Les éléments sont poncés, soudés, découpés, percés, assemblés, testés et ajustés pour faciliter l’installation sur site, avant un démontage pour le transport. Des opérations qui prennent un mois pour des ADV destinés aux lignes à pneumatiques et une dizaine de jours pour les lignes ferrées. Une fois sortis des Ateliers de la Villette, les aiguillages commencent alors une carrière de 40 ans sur le réseau parisien.
Olivier Cognasse La préparation des appareils de voie a lieu dans cet immense bâtiment.
Changer du ballast avant la pose de l’aiguillage
Les équipements fabriqués doivent ensuite être installés sur le terrain. Les opérations sur les lignes de métro sont souvent réalisées lors d’interruptions de trafic, car la nuit ne laisse pas suffisamment de temps pour travailler. Sur ces chantiers, la première étape consiste à démonter l’ancien appareil de voie et à le découper en morceaux avant d’être retiré par un engin de manutention et chargé sur les wagons. Il faut ensuite enlever une vingtaine de centimètres de ballast pour le remplacer par du neuf.
À l’extérieur, les tracteurs attendent la formation du convoi. Il en faut un à l’avant et un à l’arrière avec des wagons remplis des ADV, mais aussi de rails, outillages, petits matériels… RATP Infras réalise une vingtaine de renouvellements d’appareils de voie par an, 22 sont programmés cette année. Les convois rejoignent le réseau via la ligne 7.
Olivier Cognasse Quatre agents préparent le ballast pour ajuster le rail au millimètre près.
«Au retour d’un chantier, les trains remontent avec des wagons remplis de déchets pour être triés et séparer bois, métaux, caoutchouc, explique Alexis Ferreira, responsable adjoint des Ateliers de la Villette. Ensuite, chaque wagon a une fonction et la composition dépend du chantier. Une fois recomposés, on les charge en pièces et en matériel, prélevés dans le magasin général. Un prestataire assure la manutention, notamment des appareils de voie.» Une fois que les convois de trains de travaux sont prêts, ils partent le plus souvent entre minuit et une heure du matin. En moyenne, 10 à 12 convois sont formés chaque jour, prêts à intervenir pendant les heures creuses pour la maintenance du réseau. Certains restent une semaine sous terre avant de remonter. Cet été, une dizaine de lignes de métros seront affectées par une fermeture de ligne ou de station, ainsi que deux lignes de RER.



