Nomination

Un nouveau patron pour préparer l'usine Alstom de Valenciennes à la production de TGV

Directeur de l'usine Alstom de Valenciennes Petite-Forêt depuis juin, Olivier Eymery va devoir préparer le site à la fabrication de TGV, en plus des métros et trains régionaux qu'elle produit déjà. Autre défi : résorber les retards.

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Olivier Eymery - Alstom
Olivier Eymery dispose déjà d'une solide expérience dans l'usine Alstom de Petite-Forêt (Nord).

Un an. C'est le temps dont dispose le nouveau directeur de l'usine Alstom de Valenciennes Petite-Forêt, Olivier Eyemery, nommé début juin, pour préparer un grand saut. Douze mois plus tard, en juin 2026, le site va accueillir la production de trains à grande vitesse, après un investissement de 30 millions d’euros pour réhabiliter les halls de fabrication et installer une nouvelle ligne de production. Une centaine d’embauches devrait être réalisée. «Fabriquer des TGV confirme la bonne santé industrielle du site. C’est à la fois une récompense des succès des dernières années et un challenge», indique Olivier Eymery, 50 ans, anciennement directeur des opérations de l'usine. Il succède à Olivier Baril, désormais chargé de la gestion et du développement des métros, trains régionaux et trains de banlieue au niveau de la France.

Passionné de musique, qu’il pratique depuis sa jeunesse, Olivier Eymery a pris les rênes d’un site historique du constructeur ferroviaire français, qui conçoit et fabrique des métros, tram-trains, RER et trains régionaux. L’usine compte 1830 collaborateurs, un chiffre qui monte à 2400 personnes avec les intérimaires et prestataires. En 2024, l'immense site de 420000 mètres carrés a fabriqué plus de 500 voitures de métro et de RER.

L'usine de Petite-Forêt a deux activités : l'une de conception, et l'autre de fabrication. En termes d'études et pré-industrialisation, l'activité est orientée à l’export à hauteur de 80%, actuellement sur des projets de trains régionaux destinés au marché allemand, dont la fabrication est dirigée vers des usines d'Alstom en Pologne et en Allemagne. Les aménagements intérieurs des trains sont, eux aussi, imaginés ici.

En termes de fabrication, l’activité est tournée à 80% vers le marché français, notamment avec le RER NG, le métro parisien MF19, les métros des lignes 15 à 18 du Grand Paris Express ou bien des rames pour les métros de Lille (Nord) et de Marseille (Bouches-du-Rhône). A l’export, l'usine fabriquera des matériels pour le métro d’Abidjan (Côte-d’Ivoire), dont la production démarrera en octobre 2025, après avoir terminé la livraison de matériels destinés au métro de Turin (Italie).

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De l’automobile au ferroviaire

Un calendrier intense que connaît bien Olivier Eymery, qui était directeur des opérations de l’usine depuis juillet 2021. Un poste consistant à piloter toute l’activité de production (fabrication, logistique, approvisionnements), soit 1000 personnes sous sa responsabilité. Il a pourtant débuté sa carrière dans un autre secteur, l’automobile. Ingénieur diplômé de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées, il entre chez Valeo en 1999, en République Tchèque, comme ingénieur qualité puis responsable logistique. En 2004, il prend la direction de l’Italie en tant que responsable supply chain sur les commandes d’embrayages, puis responsable achats. «C’était une volonté de démarrer ma carrière à l’international», précise-t-il.

En 2010, Olivier Eymery entre chez Alstom comme directeur supply chain de l’usine Valenciennes Petite-Forêt, puis évolue deux ans plus tard au poste de directeur de production. En 2015, sur le site de Charleroi (Belgique), aussi directeur de production, autour de l’électronique de traction et des systèmes de signalisation ferroviaire européens. Après un court crochet au siège d’Alstom mi-2021, il revient à Valenciennes. «Les opérations, c’est très prenant. On en découvre tous les jours, ce qui est motivant, explique Olivier Eymery. L’équipe de Valenciennes est très expérimentée, ce qui permet de produire une telle variété de modèles différents.»

Un plan pour résorber les retards de livraisons

La feuille de route d’Olivier Eymery ? «Arriver à livrer le matériel roulant à la qualité attendue et à l’heure. Pour résorber les retards, nous mobilisons les équipes encore plus. Nous travaillions déjà en 3x8 sur nos projets critiques, et nous avons mis en place des projets week-end», précise le nouveau directeur, interrogé sur les retards survenus dans les usines d’Alstom, dont la sienne.

«Depuis sept ans, nous avons déjà embauché 700 personnes. Le site était dans un creux fort dans les années 2017-2018», rappelle Olivier Eymery, qui se satisfait, également, des possibilités offertes par le centre de formation interne de l’usine, qui forme des profils électriciens comme soudeurs aux spécificités du ferroviaire.

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