Le site Alstom du Creusot (Saône-et-Loire) innove pour produire plus rapidement et en améliorant la qualité. L'usine s'est dotée d'une structure de contrôle géomètre laser, qui permet la vérification du gabarit de pièces sans contact. Un investissement d'un million d'euros.
«Les châssis de bogies sont des structures mécano-soudées réalisées sur le site du Creusot. Ils doivent être contrôlés avant et après l’usinage. Nous vérifions qu’ils soient géométriquement corrects, équilibrés et calibrés sur toute leur longueur», explique Nicolas Combe, directeur du site Alstom du Creusot. En amont de l’usinage, la précision relève du millimètre, et du dixième de millimètre en sortie car des facteurs, comme la luminosité, peuvent interférer avec la prise de mesure. Chaque année, 1000 à 1500 châssis sont fabriqués dans l’usine du Creusot (qui compte 816 salariés), ainsi que 2000 à 2500 bogies.
Le nouvel équipement, développé par la société Hexagon, remplace deux cellules de contact mécanique, «moins précises, plus lentes et susceptibles d’impacter la structure du châssis», précise Nicolas Combe. Avant de compléter : «La cellule ALICE (pour "Alstom Laser Inspection Cell") est équipée de bras robotisés avec une technologie laser Leica et un système d’analyse des données.» Autant de fonctions qui permettent à Alstom d’effectuer ses contrôles trois à cinq fois plus vite, selon le type de châssis. L’équipement affiche également une grande tolérance aux conditions d’atelier, fonctionnant dans une plage de température de 0 à 40°C, sans nécessité de salle climatisée. Cette solution est aussi moins sensible aux reflets lumineux. «En fonctionnement depuis le début de l’année, ALICE est utilisée pour deux de nos projets majeurs : la nouvelle génération de RER pour les lignes D et E ainsi que la nouvelle génération de TGV», souligne Nicolas Combe. Des projets sur lesquels Alstom doit améliorer ses délais de livraison.
Robotisation et économie d'énergie de rigueur
L’investissement découle de la stratégie d’innovation du groupe (18,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en mars 2025) et de l’usine du Creusot, qui investit environ 10 % de son chiffre d’affaires dans la recherche et le développement. «En 2024, nous avons investi 850000 euros dans l’activité de fabrication des amortisseurs des bogies afin d’améliorer et robotiser le vissage du piston du clapet. Jusque-là, l’opération était manuelle, tandis que nous disposons désormais d’un robot pour placer la pièce et d’un autre pour la visser», détaille le directeur du site. Cet équipement concerne 40% de la production de bogies.
Le groupe utilise désormais, par ailleurs, la simulation numérique de la dynamique des trains. Au Creusot, Alstom planche aussi sur la soudure adaptative à partir du travail d’un doctorant diplômé et récemment engagé qui intervient sur les dérives de soudure, en utilisant l’intelligence artificielle, des caméras et des algorithmes.



