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Défense : Un microcapteur va permettre aux soldats français de connaitre l'état de leur gilet pare-balle en temps réel

SilMach, spécialiste de la micromécanique sur silicium situé à Besançon (Doubs), va industrialiser un microcapteur capable de donner en temps réel la capacité de protection des gilets pare-balles. Adoptée par l'armée française, cette solution doit faciliter la gestion et la maintenance de ces équipements sensibles.

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SilMach, spécialiste de la micromécanique
SilMach a mis au point un micro-capteur de chocs en silicium.

Pour garantir l’efficacité des gilets pare-balles portés des soldats, le Commissariat des Armées a sollicité SilMach et son micro-capteur de chocs en silicium. «La plaque balistique à partir de céramique insérée dans les gilets pare-balles est très performante mais fragile. Manipulée pendant les phases de logistique, de transport notamment, elle peut se fissurer ou casser, et donc altérer la fonction de protection», introduit Pierre-François Louvigné, CEO de SilMach.

Pour garantir l’efficacité de ce matériel aux combattants et supprimer le risque de dysfonctionnement, l’armée contrôle la totalité de ces plaques balistiques par radiographie, une opération chronophage et coûteuse en ressources financières et humaines. «Du point de vue logistique, il faut acheminer les plaques de tous les régiments jusqu’au site de contrôle, puis il faut placer chaque plaque dans la machine, tandis qu’un opérateur valide l’intégrité de l’équipement», détaille le dirigeant de la PME de 25 salariés.

Définir un niveau de choc

Avec le micro-capteur de chocs SilMach, plus petit qu’une puce de carte à puce et intégré à chaque plaque, le soldat pourra voir, au moment de s’équiper, si son matériel présente un risque quant à son efficacité. «En phase de caractérisation, nous avons testé beaucoup de plaques avec différentes intensités de choc pour déterminer au mieux les valeurs de seuil avec la DGA, Direction générale de l’armement», complète Pierre-François Louvigné. D'un coût unitaire de quelques euros, le capteur fonctionne sans énergie externe et résiste à l'eau. 

S'il subit un choc dépassant le seuil d’intensité, la pièce en silicium monolithique située sur une lame mobile dans le micro-capteur laissera apparaître un voyant rouge. Le service en charge du maintien en condition opérationnelle pourra alors analyser en priorité ce matériel potentiellement défectueux. «L’Armée est dans une logique de surveillance préventive, avec un haut degré de vigilance du système de protection. Elle est à l’avant-garde des technologies», analyse-t-il. Baptisé GMOS, le programme comprend une tranche ferme d’un montant supérieur à 3 millions d’euros sur une durée de 7 ans pour la livraison des capteurs.

Une technologie en évolution, ouverte à toutes les applications

Mandaté par la DGA, SilMach travaille pour le secteur de la défense depuis sa création, en 2003. «Nous passons à l’industrialisation avec un marché d’acquisition dès 2025, pour sept ans. Nous allons produire les micro-capteurs de choc par centaine de milliers», détaille le dirigeant, qui complète : «Au bout d’un an, quand les plaques auront commencé à vivre, nous pourrons avoir un premier retour d’expérience pour améliorer la solution. D’ici trois à quatre ans, nous aurons un volume suffisant pour disposer de la visibilité nécessaire.»

Pour Pierre-François Louvigné, cette solution profitera par rebond au domaine civil, avec un ruissellement des bénéfices des budgets d’armement. SilMach peut notamment équiper les casques des motards pour garantir leur efficacité en cas d’accident et s’ouvrir à d’autres applications.

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