C’est un projet qui, à coup sûr, fera davantage consensus que l’idée d’embouteiller du cognac en Chine. En septembre prochain, Hennessy mettra à l’eau un navire d’un nouveau genre : un cargo à voiles de 136 mètres de long, conçu pour traverser l’Atlantique avec, à son bord, des barriques de cognac à destination des États-Unis.
Le leader mondial du cognac entend ainsi inaugurer une ligne régulière entre Saint-Nazaire et Baltimore (Maryland). Ce cargo, plus lent mais bien plus sobre, transportera chaque année quelque 4 millions de bouteilles, soit 4 % du volume annuel expédié par la maison. « C’est une façon concrète de réduire notre empreinte carbone, tout en renouant avec notre histoire », explique Mathieu Testud, directeur logistique et transport chez Hennessy. « Nos premières expéditions maritimes vers les États-Unis remontent à 1794. »
Depuis 2020, la maison charentaise travaille main dans la main avec Neoline, une start-up nantaise spécialisée dans le fret maritime à propulsion vélique. Le projet franchit aujourd’hui une étape décisive avec la mise en service prochaine du Neoliner Origin, un cargo doté de 3 000 m² de voilure et capable d’embarquer 20 conteneurs par rotation. Une rotation est prévue chaque mois, avec des équipages formés à la navigation à voile et des technologies directement issues de la course au large.
« Le navire est aussi long que notre site de mise en bouteille de Pont-Neuf en Charente », souligne Mathieu Testud. « C’est un projet à la fois ambitieux et cohérent avec notre stratégie de décarbonation. »

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Déjà largement tournée vers la voie maritime – plus de 90 % des expéditions de Hennessy s’effectuent par la mer –, l’entreprise voit dans le voilier un levier supplémentaire pour verdir sa logistique. Neoline estime que cette solution permettrait de réduire jusqu’à 90 % la consommation de carburant et les émissions de CO2, en comparaison avec des cargos classiques. À Cognac, cette initiative s’inscrit dans un plan plus large de transition logistique, où figure aussi la relance du fret ferroviaire, autre piste explorée par la maison.
Au-delà de l’impact environnemental, ce mode de transport pourrait aussi avoir une incidence sensorielle sur le cognac. Comme l’a montré la maison Ferrand en expédiant par bateau des barriques remplies d’eaux-de-vie, les variations de température, l’humidité et la houle influencent le vieillissement du liquide. Un facteur que Hennessy suivra de près : le mouvement du navire pourrait bien devenir, lui aussi, un ingrédient du produit final.



