Les sous-marins nucléaires font partie des systèmes les plus complexes jamais conçus par l’homme. Pas étonnant dès lors que leur réparation prend les allures d'un chantier colossal. Après presque trois ans d'efforts, à Brest et à l'Île Longue (Finistère), la Marine nationale et son partenaire industriel, Naval Group, terminent la maintenance du Vigilant, l’un de ses quatre SNLE (sous-marins nucléaire lanceur d’engins) chargés de la dissuasion nucléaire.
Le 18 juillet 2025, le Vigilant a ainsi traversé la rade de Brest (Finistère) quittant le bassin de maintenance pour rejoindre son port d’attache à l’Île Longue pour recevoir les dernières opérations liées à son arrêt technique majeur. «Les SNLE ont une durée de vie qui dépasse 40 ans. C’est des objets très techniques et complexes. On n'atteint pas une telle longévité sans des opérations de maintenance très lourdes», justifie le responsable du maintien en condition opérationnelle des SNLE pour la Marine nationale. Ces opérations durent entre deux ans et demi et trois. Dans le jargon des marins, cette maintenance porte le nom d’IPER pour indisponibilité périodique pour entretien et réparation.
Vérifier 47000 équipements embarqués
Pour retrouver toutes ses capacités, un sous-marin nucléaire repasse par les bassins de maintenance tous les 10 ans environ. Le Vigilant avait rejoint la base navale de Brest et son bassin de maintenance n°8 en début d’année 2024. Auparavant, à l'île Longue, il avait été débarrassé de ses systèmes d’armes ainsi que de ses combustibles nucléaires et d’autres matières pyrotechniques.
À l’occasion de l’arrêt technique, la plupart des équipements électriques, hydrauliques, pneumatiques ont été débarqués du sous-marin pour être envoyés dans des ateliers spécialisés soit de Naval Group soit de ses sous-traitants. Plus de 47000 équipements ont été vérifiés pour s’assurer de leur bon fonctionnement comme des vannes, des pompes, des baies électriques… «Le chantier a mobilisé au plus fort de l’activité plus de 1000 personnes. Cela représente environ 4 millions d’heures de travail», précise Eric Balufin, directeur des activités de service pour Naval Group. Selon l’industriel, un tel chantier a fait appel à 45 entreprises basées principalement en région brestoise et dans le Grand Ouest. Une telle opération représente environ 220 disciplines différentes : des soudeurs, des électriciens, des data-scientistes, des spécialistes du nucléaire…

- 109.77+0.68
6 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 17093.18-0.23
Mars 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
«Améliorer le sous-marin avec le meilleur niveau technologique possible»
Cet arrêt a été également mis à profit pour vérifier l’état de la coque du sous-marin et apporter une peinture de protection contre la corrosion. «On profite de ce long arrêt pour apporter des améliorations au sous-marin afin qu’il reparte avec le meilleur niveau technologique possible, comme neuf », explique un responsable de la Marine nationale. «L’IPER est l’occasion d’effectuer des travaux de maintenance préventive et corrective sur l’ensemble des systèmes du SNLE, notamment ceux liés à la production d’énergie et à la propulsion, à la sécurité-plongée, aux systèmes de conduite et d’exploitation, à l’amélioration du confort de la vie à bord», précise encore le maître d’œuvre industriel.
Désormais à son port d’attache à l'île Longue, le Vigilant va retrouver ses systèmes d’armes. Sa chaudière nucléaire va bientôt être remise en route. L’ensemble de ces opérations, ainsi que sa qualification en mer et celle de ses équipements majeurs, devraient prendre six mois supplémentaires. Le navire devrait reprendre la mer en 2026 et laisser la place à un autre sous-marin.



