Ce sous-marin nucléaire de la Marine nationale vient de sortir de 18 mois de chantier à Brest

Naval Group termine les opérations de maintenance du sous-marin nucléaire lanceur d'engins le Vigilant. Ce chantier important a nécessité environ 18 mois sur la base navale de Brest et a mobilisé au plus fort des opérations près d'une cinquantaine d’entreprises et 220 métiers différents. 
Réservé aux abonnés
IPER VIGILANT AU BASSIN Marine Nationale Sous-marin
Tous les 10 ans, les sous-marins de la dissuasion nucléaire subissent un arrêt technique majeur pour réparer et moderniser leurs systèmes. Cet arrêt est également mis à profit pour vérifier l’état de la coque du sous-marin et apporter une peinture de protection contre la corrosion.

Les sous-marins nucléaires font partie des systèmes les plus complexes jamais conçus par l’homme. Pas étonnant dès lors que leur  réparation prend les allures d'un chantier colossal. Après presque trois ans d'efforts, à Brest et à l'Île Longue (Finistère), la Marine nationale et son partenaire industriel, Naval Group, terminent la maintenance du Vigilant, l’un de ses quatre SNLE (sous-marins nucléaire lanceur d’engins) chargés de la dissuasion nucléaire.

Le 18 juillet 2025, le Vigilant a ainsi traversé la rade de Brest (Finistère) quittant le bassin de maintenance pour rejoindre son port d’attache à l’Île Longue pour recevoir les dernières opérations liées à son arrêt technique majeur. «Les SNLE ont une durée de vie qui dépasse 40 ans. C’est des objets très techniques et complexes. On n'atteint pas une telle longévité sans des opérations de maintenance très lourdes», justifie le responsable du maintien en condition opérationnelle des SNLE pour la Marine nationale. Ces opérations durent entre deux ans et demi et trois. Dans le jargon des marins, cette maintenance porte le nom d’IPER pour indisponibilité périodique pour entretien et réparation.

Vérifier 47000 équipements embarqués

Pour retrouver toutes ses capacités, un sous-marin nucléaire repasse par les bassins de maintenance tous les 10 ans environ. Le Vigilant avait rejoint la base navale de Brest et son bassin de maintenance n°8 en début d’année 2024. Auparavant, à l'île Longue, il avait été débarrassé de ses systèmes d’armes ainsi que de ses combustibles nucléaires et d’autres matières pyrotechniques.

À l’occasion de l’arrêt technique, la plupart des équipements électriques, hydrauliques, pneumatiques ont été débarqués du sous-marin pour être envoyés dans des ateliers spécialisés soit de Naval Group soit de ses sous-traitants. Plus de 47000 équipements ont été vérifiés pour s’assurer de leur bon fonctionnement comme des vannes, des pompes, des baies électriques… «Le chantier a mobilisé au plus fort de l’activité plus de 1000 personnes. Cela représente environ 4 millions d’heures de travail», précise Eric Balufin, directeur des activités de service pour Naval Group. Selon l’industriel, un tel chantier a fait appel à 45 entreprises basées principalement en région brestoise et dans le Grand Ouest. Une telle opération représente environ 220 disciplines différentes : des soudeurs, des électriciens, des data-scientistes, des spécialistes du nucléaire…

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

«Améliorer le sous-marin avec le meilleur niveau technologique possible»

Cet arrêt a été également mis à profit pour vérifier l’état de la coque du sous-marin et apporter une peinture de protection contre la corrosion. «On profite de ce long arrêt pour apporter des améliorations au sous-marin afin qu’il reparte avec le meilleur niveau technologique possible, comme neuf », explique un responsable de la Marine nationale. «L’IPER est l’occasion d’effectuer des travaux de maintenance préventive et corrective sur l’ensemble des systèmes du SNLE, notamment ceux liés à la production d’énergie et à la propulsion, à la sécurité-plongée, aux systèmes de conduite et d’exploitation, à l’amélioration du confort de la vie à bord», précise encore le maître d’œuvre industriel.

Désormais à son port d’attache à l'île Longue, le Vigilant va retrouver ses systèmes d’armes. Sa chaudière nucléaire va bientôt être remise en route. L’ensemble de ces opérations, ainsi que sa qualification en mer et celle de ses équipements majeurs, devraient prendre six mois supplémentaires. Le navire devrait reprendre la mer en 2026 et laisser la place à un autre sous-marin. 

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
94 - Ivry-sur-Seine
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs