Sur le site nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), où certains bâtiments sont en cours de démantèlement, un robot réalise des mesures radiologiques. Dénommé Limule, cet ensemble comprend un premier robot, Rover, qui déplace le robot principal, Buggy, et l’aide à franchir une marche.
Ce dernier est un bras articulé 5 axes fixé sur une base roulante dotée de quatre roues sur laquelle des échantillons peuvent être entreposés sans se contaminer les uns les autres. Développé par la PME nantaise Roboplanet pendant un an et demi à la demande d’EDF et de sa filiale Cyclife spécialisée dans le démantèlement nucléaire et la gestion de déchets radioactifs, Limule est télé-opéré.
« Il existe beaucoup de robots porteurs. Mais peu avec un bras 5 axes pour saisir des échantillons et aller au contact de la paroi avec le bon niveau d’effort afin d’épouser une surface non lisse et de réaliser un frottis, explique Jean-Marie Brussieux, le dirigeant de Roboplanet. Il peut ensuite stocker jusqu’à cinq échantillons dans des compartiments étanches pour éviter les contaminations croisées. »
Au début de l’opération, Buggy est transporté sur Rover, qui l’aide à franchir une marche. Puis il est descendu du robot transpalette à l’aide d’une pelle. Avec ses 18 kilos, il peut se déplacer dans la galerie pour y faire les relevés. Une caméra orientable haute définition permet de les réaliser et de superviser le comportement du bras. Les caractéristiques du robot ont été ajustées au cours du projet. Par exemple, l’encombrement de Buggy a été réduit, entraînant une modification du châssis et de l’intégration électronique, et le bras a été changé.
Un important travail a été mené sur le plan logiciel et une seule interface homme-machine pilote l’ensemble. Roboplanet développe depuis quinze ans, avec sa douzaine de salariés, des robots mobiles pour faciliter des travaux dans des environnements dangereux. Il se concentre sur l’assemblage et sous-traite la production d’éléments spécifiques comme l’usinage et le routage de cartes électroniques. En parallèle, son activité de bureau d’études l’amène à travailler avec EDF, TotalEnergies, la Marine nationale, Orano, LafargeHolcim... Avec EDF, l’entreprise discute déjà d’autres cas d’usage.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n°3743 - Juin 2025



