[L'instant tech] Comment la start-up française Niryo compte revitaliser la robotique industrielle

Spécialiste des bras robotisés collaboratifs à destination de la recherche et de l’innovation, la jeune pousse lilloise Niryo améliore sa solution et vise le créneau de la robotique industrielle.

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Robot Ned Niryo
Pour assurer la fiabilité du robot Ned, destiné aux laboratoires et à l'expérimentation, Niryo s'est en partie détourné de l'impression 3D de plastique au profit d'une structure en aluminium

Après avoir vendu 1 300 robots imprimés en 3D depuis sa naissance en 2017, Niryo passe à la vitesse supérieure. La start-up lilloise, qui s’est fait un nom en proposant des robots articulés open source et à bas-coût, à destination des écoles et laboratoires de recherche et d’innovation souhaitant simuler des environnements industriels, a annoncé début février la nouvelle version de son automate : Ned.

Pour porter ce projet, celle qui se finançait jusqu’alors via ses propres activités, a mené sa première levée de fonds en décembre 2020. Avec le soutien de plusieurs investisseurs (Loire Valley Invest, Nord Création, Nord France Amorçage, Finorpa et BPI France), elle a rassemblé 3 millions d’euros. De quoi prévoir d’agrandir son équipe pour passer de 25 à 40 salariés d’ici la fin de l’année 2021.

Ericsson, La Poste et l’Agence spatiale européenne

Comme son grand frère Niryo One, Ned est conçu et assemblé à Lille et possède une architecture six axes. Il intègre davantage de puissance de calcul (via l’intégration d’une carte Raspberry Pi 4) et affiche de meilleures performances de précision et de répétabilité. Pour les atteindre, Niryo s'est en partie détourné de l'impression 3D au profit d’une structure usinée en aluminium, jugée plus robuste.

“Ce robot n’est pas capable de monter en production mais il est idéal pour maquetter, tester et expérimenter la robotique et l’industrie 4.0, explique le PDG Marc-Henry Frouin à L’Usine Nouvelle. Au-delà de son prix accessible (de l'ordre de 2 500 euros), nous avons développé beaucoup de choses côté logiciel pour permettre aux laboratoires de recherche de se l’approprier : de nombreuses passerelles, une programmation intuitive et open source, plusieurs API..."

De quoi permettre à l’Agence spatiale européenne (ESA) d’installer le bras robotisé de Nyrio sur de petits rovers pour tester de nouvelles applications, au suédois Ericsson d’expérimenter des applications de la 5G, ou encore à La Poste d’essayer la dépose automatique d’étiquettes sur des cartons, cite en vrac Marc-Henry Frouin. 

Vers des applications industrielles

“Nous travaillons désormais sur une solution industrielle, confie l’entrepreneur à l’Usine Nouvelle. Elle consistera en un bras intégré sur un îlot, doté de caméras pour permettre au robot de reconstruire un environnement 3D et d’une base dynamique pour lui permettre de se déplacer. Elle intégrera aussi une interface de programmation simple et des algorithmes de pointe.” Une solution déjà testée sur une ligne de production de Bonduelle pour manipuler des boîtes de conserves de tailles différentes en fin de ligne.

Avec la mode de la cobotique, les concurrents low-cost ne manquent pas, reconnaît Marc-Henry Fouin. Il reste néanmoins confiant dans les recettes qu’il a déjà appliquées pour convaincre des secteurs avec une multiplicité de produits relativement légers, l’agroalimentaire et la cosmétique en tête.

“Nous visons les usages de fin de chaîne, en quête de solutions agiles, dévoile l’ingénieur. Nous proposerons donc un robot d’utilisation simple, capable d’être reprogrammé en quelques minutes pour s’adapter à de nouveaux lots de production”. Paradoxalement, la flexibilité visée passe d’abord par l’intégration dans le robot de cas d’usages précis… Au contraire “la difficulté de la programmation d’un robot n’est pas de le faire aller d’un point A vers un point B mais d’évoluer dans un environnement complexe, argue Marc-Henry Fouin. Quand le robot sait à peu près ce qu’il doit faire avant d’arriver en production, que les process et les accessoires sont déjà là, il suffit de quelques modifications pour changer les objets à saisir par exemple.”

Si les industriels, plus habitués des robots asiatiques et allemand que du made in France, doivent encore être convaincus, Niryo a un dernier atout dans sa manche : son petit prix, donc des retours sur investissement plus accessibles. 

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