Etude

Face aux restructurations, les représentants du personnel de l'industrie tempèrent leurs revendications salariales

Le baromètre annuel du cabinet Syndex sur le dialogue social montre que les rémunérations restent la première préoccupation des représentants du personnel pour 2025. Mais, inquiets pour l'emploi, ceux de l'industrie se montrent moins ambitieux que les autres, indiquent leurs réponses, présentées en exclusivité par L’Usine Nouvelle.

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Face à la multiplication des restructurations, les représentants du personnel se montrent réalistes sur les augmentations salariales que les salariés pourront obtenir pour 2025.

Alors que les négociations annuelles obligatoires (NAO) ne sont pas terminées, les représentants du personnel de l’industrie se montrent moins ambitieux que les autres sur les augmentations salariales attendues pour 2025. 80% d’entre eux se satisferaient d’une hausse des salaires comprise entre 0 et 5%, contre 71% tous secteurs confondus, montre le baromètre annuel sur le dialogue social réalisé par l'IFOP pour Syndex, cabinet de conseil aux comités sociaux et économique, et son focus "industrie" révélé ici. Ils souhaitent en moyenne 4,8% d’augmentation, contre 6,5% tous secteurs confondus. Un gros écart... Sont-ils plus réalistes? Les élus de tous les secteurs se retrouvent sur l’augmentation qu’ils pensent finalement obtenir : 2,4%. Pas loin des pronostics des grands cabinets de conseil...

«Les représentants de l’industrie ne sont pas plus inquiets que les autres de la santé économique de leur entreprise : 67% la jugent bonne, ce qui correspond à la moyenne. Mais ce pourcentage est en net décrochage, de 7 points par rapport à l’an dernier», indique Nicolas Weinstein, membre du comité de direction de Syndex. Ce contexte dégradé a des répercussions sur le dialogue social, et notamment sur les attentes salariales des élus. «Certains secteurs de l’industrie connaissent des restructurations, les représentants du personnel préfèrent préserver l’emploi et modérer leurs revendications salariales», analyse Nicolas Weinstein.

Une plus grande préoccupation pour l'égalité femmes-hommes

Une autre réponse illustre cette inquiétude pour l’emploi : si l'environnement reste aussi peu présent dans le dialogue social, c'est parce que les salariés ont peur de l’impact de la transition écologique sur l’emploi, affirment-ils à 24 % dans l'industrie, contre 17% en moyenne.

Autre particularité de l’industrie : si l’augmentation des salaires y est jugée, comme partout, la meilleure façon de partager la valeur créée dans l’entreprise, elle arrive en tête pour 48% seulement des représentants du secteur, contre 53% en moyenne. Les attentes sur la participation et l’actionnariat salarié y sont en revanche supérieures à celles des autres secteurs. «Sans doute parce que ces dispositifs sont plus valorisés dans l’industrie», analyse Nicolas Weinstein.

En matière d’égalité salariale entre les femmes et les homme, l’industrie se distingue également : 44% des élus souhaitent une transparence stricte sur la répartition par postes, les grilles de salaires associées et les écarts de promotion, soit 5 points de plus que la moyenne. Ils sont 30%, contre 23% pour la moyenne, à réclamer plus de mixité dans les métiers et les postes à responsabilité. Mais ils ne revendiquent pas plus qu’ailleurs des enveloppes de rattrapage salarial, demandées par 32% des représentants du personnel.

Satisfaction sur la santé et la sécurité

Le focus industrie du baromètre de Syndex met en avant une autre particularité du dialogue social dans ce secteur : sur la santé et la sécurité au travail, les élus de l’industrie sont plus nombreux que ceux des autres secteurs à être satisfaits de l’attitude de leur employeur. 83% estiment par exemple que leur direction fait ce qu’il faut pour protéger les salariés des accidents du travail, à 14 points au-dessus de la moyenne.

«La sécurité est un enjeu majeur de l’industrie, pris en compte historiquement, donc le secteur est sans doute plus avancé que d’autres sur le sujet», analyse Claire Morel, membre du comité de direction de Syndex. 32% jugent que leur direction a conscience de la pénibilité, contre 28% tous secteurs confondus. «Mais cela reste faible, poursuit Claire Morel. On aurait pu s’attendre à ce que ce taux soit plus élevé dans l’industrie, notamment depuis la mise en place d’une législation sur la pénibilité.»

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Date de réponse 11/05/2026
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