Inflation attendue en repli, prévisions de croissance faible, incertitudes politiques… Pour toutes ces raisons, les entreprises prévoient de limiter les augmentations de salaire l’année prochaine. Les études des cabinets de conseil, qui se multiplient sur le sujet en fin d’année, le confirment toutes en ce qui concerne les négociations annuelles obligatoires : LHH table sur une hausse des budgets d’augmentations de 2,8% pour 2025, contre un taux médian de 3,5% il y a un an à partir d’une analyse de 150 entreprises, tandis que le groupe Alpha anticipe une hausse moyenne de 2,33% dans les entreprises qui augmentent les salaires, sur la base d’un échantillon de 108 sociétés, en recul de 1,15 point par rapport à 2024.
En changeant d’entreprise, les cadres peuvent toujours espérer améliorer leur sort. Mais même cette stratégie n’est plus aussi payante qu’auparavant, confie à L’Usine Nouvelle Maxime Alves, manager senior en charge de l’industrie au sein du cabinet de recrutement Robert Walters. «Les entreprises ne font plus autant d’efforts par rapport à la période juste après le Covid. Il est très difficile d’obtenir une hausse de salaire de 10 à 15% en changeant de poste, sauf s’il s’agit d’un réalignement avec le marché. 5% est une augmentation plutôt logique actuellement et 10% correspond au résultat d’une bonne négociation», considère ce spécialiste.
Vers la fin de l'incompréhension entre candidats et employeurs en 2025 ?
Son cabinet a constaté un ralentissement des recrutements cette année. «Il y a eu une forme d’incompréhension entre les attentes des candidats et la capacité des employeurs à répondre à ces exigences. Cela a été un gros sujet de blocage», indique Coralie Rachet, la directrice de Robert Walters en France. Mais les résultats de l'étude réalisée auprès de 1300 cadres et publiée jeudi 12 décembre par le cabinet font espérer aux spécialistes du recrutement un dépassement de cet obstacle l’année prochaine. Alors que la rémunération ressortait comme le moteur numéro un pour changer d’entreprise l’an dernier, ce sujet arrive désormais en troisième position, derrière la volonté de progresser dans sa carrière et l’envie de quitter un mauvais manager.
Les candidats semblent comprendre petit à petit qu’ils ne peuvent plus demander la lune. Que ce soit au sein de leur entreprise ou ailleurs, 51% des cadres souhaitent tout de même changer de poste au cours de l’année à venir, contre 55% il y a un an.

- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 0.87105+0.06
10 Avril 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
Le directeur de l'amélioration continue, un profil très recherché dans l'industrie
Dans l’industrie, les augmentations devraient s’élever en moyenne à 4% en 2025 selon les données de Robert Walters issues de 50000 entretiens menés en France. Mais cette moyenne recouvre aussi bien les progressions après un changement de poste que les augmentations annuelles. Ce sont probablement les candidats pour les postes les plus recherchés en 2025 qui pourront davantage négocier leurs émoluments.
D'après l'étude de Robert Walters, beaucoup font écho aux difficultés économiques actuelles et à la vague de plans sociaux. Dans l’industrie, le cabinet mentionne par exemple le poste de directeur de l’amélioration continue. «Dans la situation actuelle, il faut recommencer à trouver de la marge où on peut, estime Maxime Alves. Notre difficulté est de trouver des profils pluridisciplinaires capables d’intervenir sur l’organisation, de maîtriser l’intelligence artificielle et d’agir sur la performance environnementale.» Les postes de directeur qualité et de directeur «hygiène, sécurité et environnement» sont également cités. «De manière générale, l’expertise technique reste rare», complète Maxime Alves.
Les directeurs des relations sociales sont eux aussi très recherchés, dans un contexte de hausse des plans sociaux. Et les responsables de la paie pourraient aussi bénéficier d’une préoccupation de l’année à venir dans les entreprises, à savoir la mise en conformité avec la nouvelle directive européenne sur la transparence des salaires. Dans l’industrie pharmaceutique, ce sont les fonctions de directeur médical, directeur assurance-qualité-affaires réglementaires et de directeur du développement commercial qui mobilisent le plus les entreprises.



