Un record depuis 2009 : en 2024, 60% des cadres ont été augmentés, contre 46% en 2021, avant la période de forte inflation, montre le baromètre annuel des rémunérations de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), réalisé en juin 2024. En 2023, ils étaient déjà 59% à avoir connu une hausse de leurs revenus. La rémunération médiane (fixe et variable) des cadres, qui était de 52000 euros bruts annuels en 2022 et 53000 euros en 2023, est passée à 54000 euros en 2024, soit une hausse de 1,9% en un an.
C’est dans l’industrie que les cadres ont été les plus nombreux, 72%, à être augmentés. Leur rémunération médiane est passée de 58000 euros bruts en 2023 à 60000 euros en 2024 – elle était de 55 000 en 2021. Un secteur suivi par celui de la construction, avec 60% des cadres augmentés, les services, à 58%, le commerce, à 55%.
Les cadres de l'industrie les plus souvent augmentés travaillent dans l’énergie et l’eau (81%), l’auto, aéro, matériels de transports (76%) et la chimie (76%). C’est ce dernier secteur qui distribue les plus belles rémunérations cadres (63000 euros), suivi de l’énergie et l’eau (61000 euros) et l’industrie pharma (61000 euros). C’est dans l’agroalimentaire que les cadres de l’industrie gagnent le moins (55000 euros), même si 69% d’entre eux ont été augmentés en 2024.
Les besoins en compétences de l’industrie et sa capacité à verser de bons salaires pour les trouver se retrouvent dans les fonctions qui ont été le plus souvent augmentées : 70% des cadres en ingénierie, études, R&D (pour une rémunération médiane de 50000 euros), 68% de ceux de la production industrielle et de la maintenance (60000 euros).

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Trim 4 2025
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Décrochage du pouvoir d'achat
Tous secteurs confondus, un quart seulement des cadres ont bénéficié d'augmentations générales, la plupart devant négocier des augmentations individuelles. 40% n’en ont pas obtenu. «Face à l’inflation, les entreprises ont réagi et la part des cadres augmentés en 2024 est nettement plus élevée qu’avant 2021, commente Gilles Gateau, directeur général de l’Apec. Mais ces augmentations n’ont pas suivi la courbe de l’inflation et depuis 2021 il y a un net décrochage en matière de pouvoir d’achat des cadres.»
Le baromètre de l’Apec confirme par ailleurs l’existence de deux points noirs : les seniors et les femmes. Les cadres de 50 ans et plus ont une rémunération qui stagne depuis au moins 2021 à 60000 euros bruts annuels (médiane). Leur rémunération est aujourd’hui quasi identique à celle des quadras (59000 euros). «De quoi remettre en cause l'idée préconçue selon laquelle les seniors coûtent plus cher que les autres salariés», tient à souligner Gilles Gateau.
Les femmes toujours pénalisées
Quant aux cadres femmes, elles continuent à gagner 12% de moins que les hommes. A métier et secteur équivalents, l’écart «inexpliqué» entre les salaires des femmes et des hommes tombe à 6,9%, mais il n’a quasiment pas diminué depuis 2019 (7,1%). «Autant il faut du temps pour faire évoluer les raisons structurelles d’écart de salaires entre femmes et hommes, en poussant les femmes vers les postes à responsabilité, autant il y a des leviers d’actions immédiats pour réduire cet écart-là», juge Gilles Gateau, qui a fait diminuer celui de l'Apec en-dessous de 2%. Il relève un signe encourageant dans le baromètre 2024 : «Pour la première fois, il y a presque autant de femmes augmentées que d'hommes» – 59% des premières, pour 60% des seconds.
Pour la première fois cette année, l’Apec livre une étude des augmentations et des rémunérations des cadres par région, et à l’intérieur de celles-ci, par secteur d’activité. Si, sans surprise, c’est en Ile-de-France que les rémunérations sont les plus élevées (58000 euros), c’est en Franche-Comté (52000 euros) qu’il y a eu le plus de cadres augmentés (64%) en 2024, et en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine le moins (56%). C'est dans ces deux régions que les rémunérations des cadres sont les plus basses, à respectivement 49000 et 50000 euros bruts annuels.



