Les recrutements d’ingénieurs ne se font pas que dans l’industrie. Avec 17% des offres d’emplois recensées par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) au premier semestre 2023, ce secteur est le troisième plus gros recruteur d’ingénieurs, derrière l’ingénierie R&D (36%) et les activités informatiques (23%). Mais l’industrie se montre très dynamique : les 8 800 offres d’emploi ingénieurs qui y ont été recensées sur les six premiers mois de 2023 sont en hausse de 11% par rapport à la même période de 2019. Une progression supérieure de 6 points à celle de l’ensemble des offres cadres.
Dans l’industrie, les deux tiers des offres d’emploi se concentrent dans trois secteurs : mécanique-métallurgie en premier lieu, suivi des équipements électriques et électroniques, puis de l’automobile/aéronautique/autres matériels de transport. En Centre-Val de Loire, où la part des ingénieurs parmi les cadres recrutés par l’industrie est la plus élevée de France, s’ajoutent les activités chimiques et pharmaceutiques, avec notamment la présence de Sanofi, et de l’armement et de l’avionique (avec Safran, Thales, MBDA). Grand-Est, deuxième région où l’industrie recrute le plus d’ingénieurs parmi ses cadres, recherche surtout des profils pour l’industrie mécanique et métallurgique (Arcelor Mittal, Kuhn, Constellium, Stellantis).
L'ingénierie et les ESN recrutent plus que l'industrie dans certaines régions
En Occitanie, terre d’accueil pour les leaders mondiaux de l’aéronautique et du spatial, en raison d’une forte externalisation, ce n’est pas l’industrie qui recrute les ingénieurs, mais les activités d’ingénierie et R&D (Sabena Technics...) et les activités informatiques. Même caractéristique pour Auvergne-Rhône-Alpes, où ces deux secteurs travaillent pour des donneurs d’ordre de la chimie ou de l’énergie, et pour Provence-Alpes-Côte d'azur, dans l’énergie et le numérique.
Le focus sur les ingénieurs de l'industrie publié le 14 décembre par l’Apec montre aussi que ce sont les postes d’ingénieur process qui sont numériquement les plus recherchés (913 offres d’emploi, en hausse de 23% par rapport à 2022), suivis de ceux d’ingénieur R&D (694 offres, +3%) et d’ingénieur qualité (605, +9%). Mais les plus fortes progressions concernent les fonctions d’ingénieur énergies renouvelables (+75%, à 100 offres), d’ingénieur test et essai (+39%, à 200 offres) et d’ingénieur informatique embarquée (+36%, à 194 offres). Des croissances qui «traduisent les évolutions du secteur industriel : davantage d’innovation tirée par le numérique, plus de durabilité ou encore un souci de satisfaction client renforcé», est-il indiqué dans l’étude. Les postes d’ingénieur technico-commercial sont en effet eux aussi plus recherchés qu’il y a un an (+30%).
Un ingénieur aux compétences classiques mais également novatrices
L’analyse du contenu des offres d’emploi confirme que les industriels continuent de rechercher le mouton à 5 pattes ! L’ingénieur de l’industrie doit classiquement maîtriser certains instruments de mesure ou logiciels de conception et maintenance assistée. Mais aujourd'hui, les employeurs lui demandent aussi de posséder des compétences en simulation numérique pour être ingénieur calcul ou ingénieur tests essais, notamment dans l’auto, ou d'avoir des compétences en électronique, mécatronique, robotique. Et tous devront avoir des notions d’informatique industrielle... Les ingénieurs process sont particulièrement attendus sur leurs connaissances réglementaires. Et des compétences en analyse du cycle de vie sont attendues dans l’électronique, la chimie, la mécanique, l’automobile.
Ce n'est pas tout... L’ingénieur devra bien sûr posséder autonomie et rigueur, sens de l’écoute et savoir fonctionner en mode agile. Pour un salaire brut annuel médian de 44 500 euros, supérieur à celui des cadres dans leur ensemble (42 500).



