Ingénieur de l’année : Philippe Merino, Vice-président Engeneering et construction de Air Liquide
Ce quadragénaire franco-espagnol est ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique et de Supaero, titulaire également de l’Advanced Management Program de la Harvard Business School. Il a démarré sa carrière comme ingénieur procédé chez Air Liquide en 2003, dirigeant notamment la business unit Global Market & Technologies, en particulier sur les activités pour les marchés du spatial et des Deep tech, avant d’être à la tête des activités industrielles en Europe de l’Ouest, France inclue.
Désormais vice-président supervisant l’activité Ingénierie et Construction d’Air Liquide, il pilote plusieurs programmes phares comme le déploiement d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène bas carbone : projets Trailblazer à Oberhausen, en Allemagne, de 20 MW, et Normand’Hy à Port-Jérôme (Seine-Maritime), de 200 MW, le plus grand électrolyseur utilisant la technologie PEM (membrane échangeuse de protons) en construction au monde. Il supervise aussi le déploiement des activités de captage de CO2 et les projets de conversion d’ammoniac en hydrogène dont une unité pilote est en construction à Anvers (Belgique).
Ingénieur Projet : Sarah Lamaison , cofondatrice de Dioxycle
Ingénieure de formation, diplômée de Polytechnique et de Paris Saclay, Sarah Lamaison poursuit ses études doctorales et postdoctorales sur la conversion du CO2 au Collège de France et à l’université de Stanford. Mais c’est sur les bancs d’une autre université prestigieuse, celle de Cambridge, que cette docteure en chimie de 29 ans rencontre le chimiste David Wakerley, spécialiste de l’hydrogène. Ensemble, ils fondent en 2021 Dioxycle.
L'idée ? Développer des systèmes innovants pour recycler les émissions carbone des industriels en les transformant en produits chimiques à haute valeur ajoutée. Tout l’enjeu est de produire de l’éthylène compétitif par rapport à celui produit par le craquage d’hydrocarbures, l’un des procédés les plus émetteurs après la fabrication d’acier et de ciment. La start-up, déjà soutenue par Breakthrough Energy (l’organisation pour la décarbonation fondée par Bill Gates), Bpifrance et Lowercarbon Capital, a réalisé cet été une seconde levée de fonds de 15 millions d’euros.
Ingénieur Innovation : Julien Jacquety, président de Coldep
Montpelliérain d’adoption, Julien Jacquety est né à Agadir et a vécu au Maroc jusqu’au début des années 2000. Il a un master en chef de projet QSE en aquaculture. Ses travaux en labo avec l’Ifremer et l’Insa Lyon conduisent à l’obtention de deux brevets. Il a élaboré un procédé de traitement des eaux novateur : dans une colonne verticale de plusieurs mètres, des microbulles d’air comprimé (processus dit d’ «airlift») sont injectées, et drainent vers la surface les gaz, microparticules ou autres liquides venus saturer l’eau lors du processus industriel.
Après avoir longtemps fourni sa solution en aquaculture, Coldep a accéléré ces derniers mois pour livrer sa solution à l’agroalimentaire. Et le carnet de commande augure d’un envol, un géant français des produits laitiers est notamment en train de l'installer sur un site. Il a créé en parallèle de Coldep, la société Omega à Tanger (Maroc) pour lui fournir les composants nécessaires à l’assemblage de ses colonnes. L’ensemble du processus est réalisé sous vide, pour améliorer son efficacité et affiche une consommation d’énergie très faible par rapport aux solutions concurrents, et sans traitement chimique.



