Dioxycle, la pépite qui veut recycler le CO2 pour décarboner l’industrie et a séduit Bill Gates

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Cofondateurs Dioxycle Sarah Lamaison David Wakerley
Sarah Lamaison et David Wakerley, cofonfateurs et dirigeants de la startup DIOXYCLE.

Tout a commencé en 2018, sur les bancs de l’université Cambridge, où la Française Sarah Lamaison – alors diplômée de Polytechnique et de l'Université Paris-Saclay – rencontre le chimiste David Wakerley, spécialiste de l’hydrogène. Animés par la même volonté d’agir en faveur de la décarbonation, les deux jeunes scientifiques entament des recherches conjointes entre Cambridge, Stanford et le Collège de France afin de mettre au point un électrolyseur qui capte et recycle le CO2 issu d’usines.

Précisément, leur électrolyseur (stack) est configuré comme un empilement de surface catalytique et permet de convertir le CO2 en un produit neutre en carbone, grâce à l’électricité renouvelable. Ce stack crée notamment de l’éthylène, un produit au cœur de l’industrie plastique, dont la production, aujourd’hui faite par craquage d’hydrocarbures, est la troisième plus émettrice de CO2 en France, derrière celles du ciment et de l’acier.

Une levée de fonds de 15 millions d'euros

D’où l’intérêt de la solution conçue par les deux scientifiques, qui ont fondé Dioxycle en 2021. La start-up, déjà soutenue par Breakthrough Energy (l’organisation pour la décarbonation fondée par Bill Gates), Bpifrance et Lowercarbon Capital, a réalisé cet été une seconde levée de fonds de 15 millions d’euros.

Après avoir décuplé les capacités de son stack, qui convertit de 10 à 100 kilos d’émissions carbonées par jour, Dioxycle veut maintenant développer un démonstrateur sur un site industriel afin d’en récupérer et valoriser les émissions. La pépite, qui possède une petite équipe de R&D en Californie, concentre l’essentiel de ses activités à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et compte doubler ses effectifs pour atteindre une quarantaine de chercheurs. 

Les challengers

• Transformer le CO2 atmosphérique en oxygène et en monoxyde de carbone. C’est le projet de Carboneo, start-up française créée en 2020. Son ambition : récupérer le CO2 émis par les sites industriels en le réinjectant dans l’industrie via un processus d’électrolyse s’appuyant sur des métaux abondants (fer et cobalt). Après une preuve de concept publiée en 2019 dans le journal «Science», la pépite prévoit la construction d’un pilote industriel en 2025.

• En cherchant à remplacer le polyester à base de pétrole par du polyester à base de CO2, la start-up française Fairbrics n’ambitionne rien de moins que la décarbonation du secteur de la mode. Grâce à une levée de fonds de 22 millions d’euros début 2023, notamment auprès de l’Union européenne, Fairbrics compte ouvrir une ligne pilote en 2024, à Anvers (Belgique).

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3723 - Octobre 2023

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