Pour recruter des cadres, les entreprises devront faire un effort sur la rémunération. Car c'est, en période de crise, le critère numéro 1 pour changer d'employeur, selon une étude du cabinet Robert Walters. Conséquence : les prétentions salariales jugées trop élevées des candidats sont citées comme le premier frein au recrutement par les entreprises, selon un sondage auprès de 1190 cadres issus de 210 entreprises en France. 59% des entreprises confrontées à des difficultés d’embauche en 2023 disent être confrontées à des candidats qu'elles estiment trop gourmands, contre 47% en 2022. «Des secteurs qui n’hésitaient pas à satisfaire des prétentions salariales élevées les années précédentes - dans la data par exemple - semblent aujourd’hui plus enclins à écarter les candidats aux exigences les plus excessives», observe Coralie Rachet, directrice générale du cabinet de recrutement.
Or, dans un contexte d'inflation, plus question de changer de crèmerie sans hausse de salaire significative. «On avait l’habitude de voir la rémunération en deuxième ou troisième position des critères les années précédentes», s’étonne Coralie Rachet. 94% des cadres en recherche d’emploi déclarent conditionner leur changement d’entreprise à un meilleur salaire. La motivation pécuniaire arrive désormais bien loin devant la recherche d’un autre management (46% des candidats) et la flexibilité (23%). Un cadre sur deux dit vouloir changer d’emploi dans les douze prochains mois - un chiffre stable par rapport à 2022.
Dans un contexte de concurrence accrue pour attirer les candidats, les industriels ne se battent pas à armes égales. «Les grandes entreprises peuvent jouer sur d’autres leviers que le salaire pour attirer les candidats, avec la participation par exemple. Les PME ne bénéficient pas de ces marges de manœuvre, et sont donc d’avantage contraintes de se plier aux exigences salariales des candidats», explique Maxime Alves, manager chargé de l’industrie au sein du cabinet de recrutement Robert Walters.
Augmentation des salaires entre +4% et +5% dans l’industrie
Alors que 82% des entreprises prévoyaient d'augmenter leurs cadres en 2022, elles ne sont plus que 55% en 2023 - soit le même ratio que le nombre de cadres qui pensent recevoir une augmentation au cours de la prochaine année. Sur les niveaux de salaire attendus, employeurs et employés semblent également accorder leurs violons : 19% des cadres attendent une augmentation supérieure à 6%, tandis que 23% des entreprises déclarent qu’elles accorderont des augmentations supérieures à l’inflation – sur la base des 4,5% en 2023 estimés par la Banque de France.
Dans l’industrie, le salaire des cadres dans les achats devrait augmenter en moyenne de 4% en 2024 - d'après un échantillon de 50 000 entreprises et candidats interrogés dans une vingtaine de pays, dont la France. Celle des ingénieurs et responsables opérationnels devrait également augmenter de +5%. Le secteur industriel restera légèrement en retrait par rapport au secteur digital - en tête du classement -, qui devrait, lui, connaître une croissance de +7%.



