Le dialogue social est resté soutenu en 2023, après une année 2022 record. L’inflation, comme l’an passé, explique que dans les branches, 45% des 1122 accords signés en 2023 (1495 en 2022) aient porté sur les salaires. Réveillées par les augmentations du Smic, les branches ont majoritairement mis à jour leurs grilles.
En septembre, 25 seulement, sur 171, avaient encore des minima salariaux inférieurs au smic. «Un niveau structurellement bas», commente Pierre Ramain, le directeur général du travail (DGT) au sein du ministère du Travail. Qui s’inquiète davantage de l’obsolescence des grilles de classification : «Quatorze conventions collectives n’ont pas rénové leurs grilles depuis 2003, ce qui interroge sur leur cohérence avec la réalité des métiers dans leur secteur.»
85000 accords signés en 2023
Dans les entreprises, où 85000 accords ont été signés en 2023 (88570 en 2022), l’épargne salariale (avec participation et intéressement) reste le thème numéro un des négociations (40 %), suivi des salaires (21 %) et du temps de travail (21%). La thématique des salaires a été portée par la négociation de la nouvelle prime de partage de la valeur (PPV), quand celle du temps de travail a plus classiquement traité surtout de modulation ou d’annualisation du temps de travail. Parmi les accords sur les conditions de travail (6%), ceux dévolus au télétravail sont en net recul, après une forte activité sur le sujet en 2021 et 2022. Cela pourrait changer l’année prochaine, alors que les accords signés juste après le Covid seront renégociés. Quant à ceux traitant d’enjeux environnementaux, ils sont passés de 3 en 2019 et 152 en 2021 à 300 en 2023. Mi-septembre, 222 avaient déjà été signés en 2024 sur le sujet. «Un bruit de fond de plus en plus important», commente Pierre Ramain. Beaucoup de ces accords portent sur le forfait mobilité durable.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3736 - Novembre 2024



