Emmanuel Macron promet 200 millions d'euros et un plan pour la reconquête industrielle pharmaceutique en France

Le Président de la République a esquissé des financements et un plan de bataille pour soutenir la relocalisation de certaines productions pharmaceutiques en France. 200 millions d’euros seraient débloqués dans les prochains jours pour soutenir le financement d’infrastructures de production et de R&D.

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Bristol-Myers Squibb Upsa laboratoire pharmaceutique
La France veut reconquérir une souveraineté sanitaire.

Emmanuel Macron n’est pas non plus venu les mains vides chez Sanofi. Pendant que le premier laboratoire français présentait des investissements industriels de 610 millions d’euros pour l'Hexagone, le Président de la République avait aussi deux annonces majeures à dévoiler lors de sa visite du site de Sanofi Pasteur à Marcy-L’Etoile (Rhône) ce 16 juin. D’une part, une enveloppe de 200 millions d’euros serait débloquée très vite pour la production et la R&D. D’autre part, un plan de planification et d’organisation devrait être engagé à la fin de l’été pour le secteur industriel pharmaceutique.

Reconquérir la souveraineté sanitaire

Ces deux mesures s’inscrivent dans l’ambition de reconquérir une certaine souveraineté sanitaire en France. Mais aussi en Europe, car le président a constamment lié le continent à l’Hexagone sur ce sujet d’indépendance de la santé. Le projet est énoncé dans ce contexte particulier de crise sanitaire du Covid-19, qui a mis en lumière des tensions sur l’approvisionnement en produits de santé.

Tensions qui ne datent pas de ce début d’année mais qui durent et s’aggravent depuis plus d’une décennie avec la délocalisation en masse depuis vingt ans vers l’Asie des capacités de production des principes actifs. Ces molécules, qui soignent mais dont la valeur ne dépasse rarement que 5% de la valeur finale d’un médicament, sont pourtant essentielles pour la production des médicaments en France et en Europe.

Première enveloppe de 200 millions d’euros

"Cette crise nous a montré que nous devons continuer à produire dans notre pays et sur notre continent, que nous ne devons pas dépendre, et que nous devons retrouver une vision stratégique de la chaîne de valeur", a assuré Emmanuel Macron. C’est ainsi qu’il dévoile le déblocage dans les "prochains jours d’une première enveloppe de 200 millions d’euros", destinée à "financer des infrastructures de production et de R&D pour être en état de répondre aux besoins de temps de crise sanitaire".

Corriger les vulnérabilités

D’autre part, le gouvernement est chargé de mettre au point et de finaliser "d’ici l’été", un "mécanisme de planification, de financement et d’organisation de la résilience industrielle française en matière de santé", a indiqué Emmanuel Macron. Il est question de déterminer les vulnérabilités et d’aller les corriger. Le président entend travailler avec la recherche publique, la recherche privée et les industriels pour "essayer soit de rapatrier soit de recréer des forces de production, qu’il s’agisse de principes actifs, qu’il s’agisse de capacités à nous organiser en temps de crise".

Initiative de relocalisation

Enfin, le gouvernement devrait lancer "dès jeudi [18 juin, ndlr] une initiative de relocalisation de certaines productions", a indiqué encore Emmanuel Macron, "car tout le monde a vu dans cette crise que des médicaments qui nous paraissaient usuels n’étaient plus produits en France et en Europe". Ajoutant que "nous investirons dans ces initiatives. On pourra, par exemple, reproduire, conditionner et distribuer du paracétamol en France".

Un exemple ambitieux car aujourd’hui, aucun industriel ne produit plus le principe actif du paracétamol en Europe. Le médicament final - le Doliprane vendu par Sanofi, l’Efferalgan et le Dafalgan par Upsa - est certes bien fabriqué en France. Les deux derniers sont même assemblés par Upsa en Nouvelle-Aquitaine, à Agen et au Passage d’Agen (Lot-et-Garonne), où les usines ont tournées à 100 % de leur capacité durant le confinement, produisant jusqu’à un million de boites par jour. Mais leur principe actif, lui, n’est plus fabriqué en France depuis 2008, ni même en Europe. La dernière unité de production sur le Vieux Continent se trouvait au sein de l’usine Rhodia de Roussillon (Isère) mais l’entreprise l’a fermée en 2008, conservant en revanche celle de Wuxi (Chine), reprise en 2011 par le Français Seqens. Quarante-trois salariés, qui produisaient 8000 tonnes de paracétamol par an, avaient dû être reclassés ou quitter Rhodia, faute de rentabilité.

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