Chez Meritis, société de conseil en technologies de 600 personnes, chaque salarié a droit à son joker. "Chacun peut faire valoir une attente prioritaire et nous essayons d’y répondre, pourvu que cela reste acceptable pour l’entreprise", indique la DRH, Marie Jacquot-Vivier. L’accord "qualité de vie au travail" de Meritis met en avant cette "personnalisation des conditions de travail".
Certains salariés demandent des aménagements d’horaires, voire du "full télétravail" pour ceux qui habitent loin de l’entreprise, d’autres veulent plus de formations, des congés sans solde... "Dès l’entretien de recrutement, les salariés communiquent sur leurs contraintes, parce qu’ils veulent concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle, précise Marie Jacquot-Vivier. Les compétences de nos salariés s’arrachent sur le marché, nous voulons penser au long terme."
Horaires à la carte
Selon une enquête de PwC, 46 % des collaborateurs ont pour priorité "des horaires de travail flexibles et un bon équilibre de vie". Le géant mondial du conseil et de l’audit a donc décidé, en 2018, d’offrir à ses nouvelles recrues des horaires à la carte, pourvu qu’un quota d’heures hebdomadaire soit respecté. Dans la mouvance de l’entreprise libérée, Chrono Flex, société nantaise de 320 salariés, laisse ses techniciens organiser leurs dépannages comme bon leur semble, dans un large créneau horaire.
Appvizer, une plate-forme web dédiée aux logiciels, propose depuis début 2020 des horaires flexibles à ses 40 salariés. Le matin, ils peuvent arriver entre 7 heures et 10 heures, et le soir, partir entre 17 heures et 20 heures. "Nous sommes en train de finaliser un accord d’entreprise qui élargira encore ces créneaux, pour ceux qui veulent aller chercher leurs enfants à l’école, annonce le fondateur, Colin Lalouette. La vie personnelle et la vie professionnelle doivent pouvoir intelligemment s’imbriquer. Plus on laisse de liberté aux salariés, plus ils vous le rendent."
Télétravail, oui mais...
Mais attention, Thierry Meillat, avocat associé chez Hogan Lovells, prévient : "Le télétravail est l’un des facteurs qui tend à effacer la frontière entre vie privée et vie personnelle. Or le but de tout ce que le droit du travail a mis en place était justement de préserver une étanchéité entre les deux." En cas d’accident pendant les horaires de travail, la responsabilité de l’employeur peut être engagée, rappelle-t-il. "Il va devoir pouvoir vérifier que les équipements du domicile – bureau, fauteuil, connexion – sont adaptés au travail. Mais aujourd’hui, l’accès au domicile est encore ressenti comme intrusif par les salariés." Une visite de votre patron pour vérifier que le coin bureau installé dans la chambre de bébé est conforme aux normes, ça vous dit ?



