Purifier l’air des transports en commun dans les bus et autocars, c’est l'ambition affichée par le nouvel appareil de l’équipementier automobile français Valeo. Ce boitier fixé à la ventilation des véhicules filtre l’air d’une part et le soumet à un rayonnement ultraviolet (UV) d’autre part capable de détruire des virus dont le Covid-19.
Une technique similaire est déjà utilisée dans le milieu médical où les rayons sont utilisés comme bactéricides et germinicides. A ce titre, l’institut de virologie médicale de l’hôpital universitaire Goethe de Francfort a attesté le 10 juillet de l’efficacité virucide de la technologie proposée par Valeo.
Des rayons ultraviolets puissants
Les UV sont la catégorie d’ondes inférieures à celle de la lumière visible (la lumière étant elle aussi une onde). Les UV utilisés pour cette technologie développée par Valeo sont "très énergétiques et beaucoup plus violents que les UV A ou UV B, pour être capables de détruire 95% des virus", assure à l’Usine Nouvelle Guillaume Devauchelle, directeur scientifique du groupe Valeo. Quant aux passagers, pas de panique, ils ne sont jamais exposés à ces rayons, bloqués par un "labyrinthe de lumière" qui empêche les UV de se diffuser hors du boitier métallique. A ce jour, ce dispositif de stérilisation serait le plus puissant au monde car "nous ne connaissons pas d'autres équipements équivalents" ajoute Guillaume Devauchelle.
Une innovation arrivée à point nommé
Initiée il y a un peu moins d’un an, cette technologie a vu son développement s’accélérer considérablement avec la crise du Covid-19. Aujourd'hui, Valeo a d’ores et déjà équipé plusieurs centaines de véhicules notamment auprès de constructeurs de bus brésiliens, dont il ne souhaite pas dévoiler le nom. L'équipementier français prévoit également de la mettre à disposition en Europe, sur tout le continent américain et sur les marchés asiatiques. A quel prix? Autour de "1% du prix d’un bus", révèle Guillaume Devauchelle.
Ce stérilisateur d'air est produit au Brésil et en Allemagne où se trouve un des bureaux d’étude de Valeo. Les filtres seront quant à eux fabriqués en France, à Athis en Normandie. Prochaine étape pour Valeo : développer ce système aux voitures individuelles.
Alors que le taux d’équipement sanitaire augmente dans le monde, les activités relatives à la climatisation de l'équipementier français devraient progresser. Elles pèsent aujourd’hui pour un quart de son chiffre d’affaires (de 19,2 milliards d’euros en 2019) à côté de ses trois autres métiers de motorisation, de conduite/robotisation et d’éclairage.



