Fin des négociations entre la direction de Valeo et les représentants de salariés, relatives à l’accord d’amélioration de la compétitivité que souhaite signer l’équipementier en France. Lors d’une dernière rencontre organisée mercredi 23 septembre, l’équipementier a fait de nouvelles propositions.
Le spécialiste de la technologie 48 volts s’est notamment engagé à ne pas recourir à des plans sociaux (PSE) dans les deux ans à venir. En échange, les salariés devront notamment se résoudre à un gel de leurs salaires.
"Cet engagement de ne pas recourir à des PSE ni à fermer des établissements en France sur 24 mois était un préalable à toute discussion. Nous tenons également à ce que ces mesures ne soient pas pérennes et puissent être levées à la fin de la crise que nous traversons", met en avant Pascal Phan, coordinateur de la CFE-CGC Valeo.
En juillet, les représentants syndicaux avaient pointé du doigt l’absence de garanties sur l’emploi dans le projet, en contrepartie des efforts demandés aux salariés par l’équipementier automobile.

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100 millions d’euros d’économies
Ces dernières propositions sont désormais soumises au vote des syndicats, qui devraient se prononcer mardi 29 septembre. Les discussions pourraient être animées au sein des établissements de Valeo, avec des divergences entre certains sites. En souffrance du fait du passage à l’électrique, l’usine systèmes thermiques de Laval (Mayenne) pourrait peut-être voir dans l’absence de PSE sur deux ans une garantie rassurante, tandis que d’autres sites en bonne santé pourraient avoir davantage à perdre avec les concessions demandées par la direction.
Au-delà du gel des salaires, des réductions du montant des primes et du nombre de congés pourraient également être appliquées en cas de validation de l’accord. Pour Valeo, l’objectif est de parvenir à réduire les coûts salariaux en France, avec un objectif de 100 millions d’euros d’économies. Au premier semestre, le groupe français a subi une perte de nette de 1,2 milliard d’euros. Son chiffre d’affaires s’est écroulé de 28% à 7 milliards d’euros sur la période. Dans un tel contexte, Valeo avait indiqué avoir supprimé 12 000 emplois dans le monde.
Les équipementiers en souffrance en France
En France, environ 2 000 postes ont été supprimés, essentiellement par le biais de contrats d’intérimaires non reconduits. Une mauvaise nouvelle pour l’automobile en France, en grande souffrance. Chez les équipementiers, le fabricant de pneumatiques japonais Bridgestone a annoncé son projet de cesser l’activité dans son usine de Béthune dans le Pas-de-Calais, suscitant la colère des salariés et des représentants locaux et nationaux. L'avenir de la branche française du groupe américain Inteva, qui emploie 630 personnes dans trois sites, est suspendu à deux projets de reprise.
D’après la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV), les effectifs des équipementiers en France ont déjà reculé en 2019 de 0,8%, à un total de 70 864 salariés. Une érosion qui pourrait bien se poursuivre en 2020, en raison du Covid-19 et du recul attendu de la production de véhicules légers en France. En 2019, l’assemblage de ces véhicules neufs s’est contracté de 2,9% à 2,2 millions d’unités, selon la FIEV. Selon le cabinet AlixPartners, les volumes de production en France pourraient s’écrouler à seulement 1,5 million d’unités cette année.



