Déjà expérimentés depuis quelques semaines dans l'industrie aéronautique, les accords de performance collective déboulent dans l'automobile. Pour faire face à "une crise sans précédent", Valeo a débuté fin juin des négociations avec les syndicats en vue d’obtenir un accord de performance collective. L’idée étant d’arriver à réduire les coûts salariaux de 10 %, ce qui représente 100 millions d’euros.
Selon la direction de l'équipementier automobile français, la crise actuelle est pire que celle de 2008. Avec 114 000 salariés dans le monde (14 000 en France) et 19 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Valeo a enregistré en 2019 un bénéfice net en chute de 43% (à 313 millions d'euros). Un plan de réduction des coûts avait alors vu le jour et concernait notamment une baisse de 2% des frais de recherche et développement et une baisse de 6% des frais administratifs et généraux.
Des pertes attendues en 2020

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Pour 2020, la direction évoque une chute sans précédent du résultat net, avec des pertes de - 8 % attendues en France. Depuis la crise sanitaire liée au Covid, de nouvelles mesures concernant, cette fois-ci, les coûts salariaux viennent d’être couchées sur papier et proposées en discussion aux représentants syndicaux. "C’est la première fois qu’une telle demande est effectuée au niveau du groupe, analyse Bertrand Bellanger, coordinateur FO. Jusqu’à présent, les différents accords de compétitivité négociés concernaient des sites spécifiques."
Pour arriver à une telle réduction des coûts salariaux, plusieurs pistes sont ouvertes à négociation : le gel des salaires, la suppression de l’intéressement, la baisse des primes de départ en retraite, la baisse de majoration des heures supplémentaires, etc. "Nous craignons un nivellement par le bas et une uniformisation générale car selon les sites, les acquis sont différents", précise le coordinateur FO.
L'inquiétude à Etaples, un site innovant
A Etaples-sur-mer (Pas-de-Calais), le site français le plus conséquent avec plus de 1 500 personnes, l’inquiétude est palpable. "Nous n’avons pas les salaires les plus élevés en Hauts-de-France, nous sommes donc inquiets quant à la répercussion de ces réductions", indique Michel Sergent, délégué FO à Etaples. Spécialisée dans la fabrication d’alternateurs, l’usine pas-de-calaisienne produit 9 millions de pièces par an et est à l’origine de 3 500 brevets.
Pérennisation des emplois et maintien des acquis
Pour les représentants syndicats, tant que des garanties sur les emplois ne sont pas fournies, il sera difficile d’arriver à un accord. "La direction s’est montrée plutôt ouverte sur nos revendications lors de la réunion fin de semaine dernière, estime Bertrand Bellanger. Pour l’instant, les contreparties annoncées ne sont pas à la hauteur de la négociation." Plusieurs incertitudes planent encore : la hauteur de la reprise, notamment du marché automobile ou encore une éventuelle seconde vague qui freinerait donc toute reprise.
La prochaine réunion se tiendra le 22 juillet. "Nous ne voulons pas de blocus et espérons que les propositions tiendront compte des efforts fournis jusque-là par les salariés. Nous rejetterons tout ce qui est de l’ordre d’une perte d’acquis", prévient Bertrand Bellanger.



