Encore une mauvaise nouvelle pour l’automobile en France. Dans un rapport publié le 17 septembre, la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV) estime que les ventes des usines françaises d’équipement automobile ont diminué en 2019 de 0,9%, à un total de 18,56 milliards d’euros. Une baisse du chiffre d’affaires inédite depuis 2013.
Le phénomène est logiquement lié "à la contraction de l’activité des constructeurs français sur le territoire national", justifie la FIEV. L’année dernière, la production de véhicules légers (VL, qui regroupe voitures particulières et utilitaires) s’est contractée de 2,9% à 2,2 millions d’unités, selon la fédération.
Cette baisse d’activité a mécaniquement entraîné un nouveau recul des effectifs des équipementiers en France. Ceux-ci ont chuté de 0,8% en 2019, à 70 864 salariés. Mais à la différence du chiffre d’affaires, la courbe des effectifs connaît un recul continu depuis de longues années. En 2007, les équipementiers employaient 114 446 personnes dans l’Hexagone. Depuis 2012, le nombre d’employés est passé sous le seuil des 80 000 personnes, et s’est stabilisé à moins de 71 000 salariés depuis 2016 – à l’exception d’un rebond à 71 453 salariés en 2018. Là encore, la FIEV prévient que cette tendance à la baisse devrait se poursuivre dans les années à venir.
Inquiétudes pour 2020

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Et pour cause. "Du fait de la crise du Covid-19, [l’année 2020, ndlr] sera une des plus difficiles que le secteur automobile ait jamais connu en temps de paix. Cette année 2020 devrait voir la production mondiale de VL baisser de plus de 20%. Cette nouvelle crise (…) va bouleverser le paysage automobile et son impact sur l’activité des équipementiers sera très important", prévient le président de la FIEV, Claude Cham, en introduction du rapport. Dans un communiqué, la FIEV ajoute : "Entre 2008 et 2009, nous avions en l’espace de 24 mois perdu 31% de notre chiffre d’affaires. Attendons-nous à connaître une baisse de l’activité dans nos usines, qui soit du même ordre pour la seule année 2020".
Un choc qui pourrait être fatal pour certains fournisseurs, notamment chez les plus petits. Les experts s’inquiètent d’ailleurs d’une vague de défaillances dans les mois à venir chez les entreprises de rang 2 et au-delà. Certaines entreprises déjà exposées au déclin du diesel et à la montée de l’électrique sont particulièrement à risque.
Depuis plusieurs années, la filière automobile française alerte notamment sur le sort des sociétés spécialisées dans la forge et la fonderie. Selon la FIEV, les structures de moins de 500 salariés représentaient en 2019 plus de 83% du total d’entreprises dans le secteur, mais moins de 50% du chiffre d’affaires.
Solde commercial négatif
Dans un tel contexte, le solde commercial de la branche "équipements pour automobiles" a sans surprise été négatif en 2019, pour la quatrième année consécutive. Il a chuté en 2019 à -4,6 milliards d’euros, soit une dégradation de près d’un milliard par rapport à 2018. Le phénomène est lié à la baisse de 4,2% des exportations sur la période, tandis que les importations sont, elles, restées stables sur l’année. Un niveau bien éloigné de celui observé au début de la décennie. En 2010, les échanges de la branche avaient été excédentaires de 2,5 milliards d’euros, avant de diminuer progressivement à 428 millions d’euros en 2015, puis de passer dans le rouge.
Pour accompagner la filière dans cette crise, l’exécutif a prévu plusieurs dispositifs d’accompagnement des entreprises dans le cadre du plan de relance de l’automobile présenté en mai dernier. A la mi-septembre, le Premier ministre Jean Castex a dévoilé les 24 premiers bénéficiaires des fonds de modernisation de l’automobile et de l’aéronautique. Ces projets, dont 13 sont liés à l’automobile, devraient bénéficier de 15 millions d’euros de subvention. Parmi eux figurent notamment Cityplast, une PME du Pas-de-Calais spécialisée dans l’injection plastique, ainsi que le site Lisi Automotive Former de Delle (Territoire de Belfort).



