Le Covid-19 va-t-il véritablement enclencher un mouvement de relocalisation et de réindustrialisation ? Pour aider les industriels à sauter le pas, Bercy a mis sur la table 600 millions d’euros du plan de relance d’ici 2022 – dont 100 millions dès 2020 – pour soutenir l’investissement dans de nouvelles capacités de production dans des secteurs stratégiques. Cinq secteurs ont été jugés prioritaires pour des raisons de souveraineté et de compétitivité :
la santé, l’agroalimentaire, l’électronique, les équipements 5G et les intrants critiques de l’industrie.
Près de 130 dossiers, portant sur des investissements supérieurs à 1 million d'euros, ont été reçus à l’appel à projet, clos le 17 novembre. Agnès Pannier-Runacher et Bruno Le Maire doivent dévoiler ce 19 novembre les 31 premiers lauréats. Au total, ceux-ci devraient représenter 680 millions d'euros d'investissements industriels et près de 1800 emplois créés pour 140 millions d'euros de financement publics. Les subventions peuvent aller jusqu'à 50 % du montant des investissements sur les secteurs les plus sensibles, d'après Bercy. Ce n'est pas le seul instrument pour encourager la relocalisation. Le gouvernement a par ailleurs débloqué une autre enveloppe de 400 millions d’euros pour des projets d’investissement de moindre envergure dans les territoires d'ici 2022, tandis que l'aéronautique et l'automobile bénéficient des fonds de modernisation dédiés mis en place à l'été.
Que peut-on produire ou reproduire en France ? Parmi les premiers dossiers de réindustrialisation retenus dans les secteurs stratégiques , le spécialiste de la chimie fine Seqens va investir dans une nouvelle unité de fabrication de principes actifs "hautement actifs" dédiés à la production d’antiviraux et d’anticancéreux sur son usine d'Aramon (Gard). Le groupe a déjà inauguré une unité similaire dans son usine de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) cet été. Afin de relocaliser la production des intermédiaires de synthèse de 12 médicaments, Seqens prévoit aussi de renforcer ses capacités de R&D de Porcheville et de déployer de d’investir de nouvelles technologies de production sur ses sites de Couterne (Orne), Bourgoin-Jallieu (Isère) et Limay (Yvelines) pour un investissement total proche de 65 millions d'euros. Ce qui devrait permettre la création de 80 postes.

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550 emplois dans l'électronique chez Aledia
Spécialiste de la production de médicaments injectables notamment pour l’anesthésie-réanimation, le laboratoire lyonnais Aguettant veut de son côté installer deux nouvelles lignes de production dans ses usines de Champagne (Ardèche) et de Lyon (Rhône) pour augmenter ses capacités de production de certaines molécules sur lesquelles les approvisionnements des hôpitaux s’étaient tendus au printemps comme le midazolam ou la noradrénaline.
D'autres projets sont d’envergure plus importante encore. Créée en 2011, la start-up grenobloise Aledia va profiter du soutien de l'Etat pour créer une nouvelle usine de microLED à nanofils à Grenoble. l'entreprise vient de finaliser une levée de fonds pour financer cet investissement de 40 millions d'euros et lancer la production à grande échelle d'ici 2022. D'ici cinq ans, elle prévoit au total 150 millions d'euros, ce qui pourrait entrainter 450 emplois d’ici 2024. Pour produire en France alors que le marché dominé par les fabricants asiatiques, l’entreprise mise sur sa technologie de rupture, issue de recherches du CEA-Leti, pour révolutionner le marché des écrans, avec des produits moins énergivores et plus performants.
Dans le Nord, le groupe agroalimentaire Lesaffre prévoit lui de générer près de 375 emplois supplémentaires à Denain, dans deux nouveaux sites de production distincts. Le premier prévoit de créer une unité de production de chondroïtine, un complément alimentaire utilisé dans le traitement de l’arthrose et dont 80 % des volumes actuellement sont fabriqués en Chine. Un deuxième site de production, devrait lui bientôt produire de la vanilline naturelle et de l’acide férulique, utilisé dans la synthèse de la vanilline. Au total, le groupe prévoit d'injecter 300 millions d'euros dans son outil de production en France.



