Etude

Les entreprises moins pressées de bousculer leurs chaînes logistiques

Selon le cabinet de conseil EY, 42 % des investisseurs étrangers prévoient de réduire leurs projets d’investissement en Europe en 2020. 32 % les ont reportés à 2021.

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Usine automobile Toyota, à Valenciennes (Nord) - Décembre 2018
La France, l'Allemagne et le Royaume Uni forment le peloton de tête des pays les plus attractifs en Europe.

La crise sanitaire a forcé les entreprises étrangères à revoir à la baisse leurs projets d’investissements en Europe. Selon EY, qui les a interrogés fin octobre au début du second confinement français, 36 % des dirigeants d’entreprises étrangères prévoient de baisser leurs investissements en 2020. 6 % ont purement et simplement abandonné leurs projets. Les chiffres sont cependant moins dramatiques qu’au printemps.

En avril, en plein premier confinement, EY avait posé les mêmes questions aux dirigeants étrangers. 66 % anticipaient alors une réduction de leurs projets d’investissement en Europe pour 2020. L’effet de sidération du premier confinement est retombé. La situation n’est pas devenue rose pour autant. Un tiers des entreprises ont reporté leurs projets à 2021 voire au-delà. Sans certitude donc qu’ils se réaliseront. "En 2020, on devrait se situer entre 35 % et 50 % de baisse des montants d’investissements en Europe", pointe Marc Lhermitte, associé chez EY.

Allemagne, France, Royaume-Uni plus attractifs en Europe

L’attractivité de l’Europe n’est pas entamée pour autant. 21 % des dirigeants interrogés en octobre estiment que l’Europe est même devenue plus attractive pour eux, contre 8 % au printemps. Le plan de relance européen de 750 milliards d’euros, encore suspendu au veto hongrois et polonais, a rassuré les investisseurs.

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Parmi les grandes économies européennes, la crise sanitaire n’a pas non plus rebattu les cartes. L’Allemagne (43 %), la France (40 %) et le Royaume-Uni (39 %) – malgré le Brexit - sont au coude à coude dans le classement des pays les plus attractifs pour des investisseurs étrangers. Avant la crise, la France était remontée à la première place du podium européen, avec près de 1200 investissements étrangers réalisés en 2019.

24 % pensent relocaliser en Europe

Les enjeux de relocalisation, très forts au moment du premier confinement de mars, sont cependant moins susceptibles d’alimenter à court terme un flux de nouveaux projets d’investissements vers l’Europe. Entre avril et octobre, les velléités de rapatrier à proximité de l’Europe certaines production sont passées de 83 % à 37 % parmi les entreprises interrogées. 24 % des entreprises réfléchissent à relocaliser en Europe, contre 37 % au printemps. Là aussi, la sidération a fait long feu.

Contrairement au début de l’année, la croissance est surtout repartie en Asie, plus fortement qu’en Europe.  "Les entreprises n’ont pas envie de disperser leur cash et leurs moyens humains en se lançant dans une réorganisation à grande échelle de leur supply-chain", pointe par ailleurs Marc Lhermitte, pour qui "l’urgence du moment n’est pas là. Il y a une priorité au court terme. Les entreprises sont dans la reprise, pas encore dans la relance". Pour orienter leurs décisions d’investissements en 2021 et 2022, les entreprises privilégieront "les pays où l’économie redeviendra la plus saine le plus vite", pointe l’expert.

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