Troisième en 2017, deuxième en 2018 et... première en 2019 ! La France continue son ascension et prend la tête du podium de l'attractivité en Europe selon le baromètre 2020 publié le 27 mai par le cabinet d'audit et de conseil EY. Malgré une année 2019 tempétueuse sur le plan social (mouvement des gilets jaunes, grève du secteur ferroviaire et du personnel de santé…), la confiance des dirigeants internationaux s'est renforcée dans l'Hexagone.
Dans un marché européen des investissements directs étrangers (IDE) légèrement reparti à la hausse en 2019 (+0,9%), après une année 2018 morose (-4%), la France s'est donc taillée une place au soleil... avant une année 2020 qui s'annonce plus compliquée.
EY La France devance le Royaume-Uni et l'Allemagne pour la première fois
Avec 1 197 projets confirmés avant la crise sanitaire, la France devance ses rivaux historiques britanniques et allemands, pour la première fois en vingt ans. Les IDE ont bondi dans l'Hexagone de 17% en 2019, quand ils ont augmenté de 5% en Grande-Bretagne (1 109 projets) et sont restés stables en Allemagne (971). En termes de parts de marché, la France s'approprie ainsi 18,7% du total européen (16,2% en 2018), un chiffre qui tombe à 17,3% pour le Royaume-Uni et 15,1% pour l'Allemagne.
Une réussite pour une économie largement dépendante des entreprises étrangères implantées dans le pays. Ces dernières "emploient 2 millions de personnes, représentent 21% des dépenses de R&D privées et 31% des exportations" en France, détaille Marc Lhermitte, responsable du programme attractivité chez EY.
Une bonne nouvelle qui doit cependant être modérée en raison de la crise en cours liée au Covid-19, qui risque d'affecter une partie des projets d'investissements initiés en 2019. Ainsi, sur l'ensemble des IDE annoncés en 2019, 65% des projets sont réalisés ou en cours de mise en œuvre, mais 25% sont reportés ou fortement révisés, et 10% tout bonnement annulés.
EY Note plus positive, selon un sondage réalisé auprès de 203 dirigeants internationaux en février 2020, 30% pensaient que l'image de la France s'était fortement améliorée, et plus de 50% la voyaient se stabiliser, malgré les mouvements sociaux de 2018 et 2019. Enfin, dans une Europe post-Brexit, 55% pensaient que la France est capable d'assurer le leadership économique, financier et diplomatique.
Quelles régions sont les préférées des investisseurs ?
Sur le plan national, l'Ile-de-France demeure la région la plus plébiscitée en Europe pour les investisseurs étrangers, en croissance de 34% en 2019. Paris prend aussi le leadership des capitales européennes les plus attractives en 2020.
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EY Un secteur de R&D solide et un tissu industriel dynamique
Comme en 2018, la France peut se reposer sur un secteur de R&D solide. Pour la deuxième année consécutive, elle ravit la première place des investissements dans le secteur. Les investissements publics en R&D constituent par ailleurs la deuxième réforme étatique des dix dernières années la plus plébiscitée par les dirigeants étrangers, après les lois de 2017 et 2019 réorganisant le code du travail.
La France continue à tirer son épingle du jeu dans l’industrie avec 409 projets d'implantation ou d'extension d'usines en 2019, contre 339 en 2018. Si les bassins industriels historiques comme les Hauts-de-France et l'Auvergne-Rhone-Alpes surplombent le classement (28% du total), l'Ile-de-France (+144%), la Bourgogne-Franche-Comté (+114%) et l'Occitanie (+66%) bénéficient d'une forte croissance en 2019.
EY L'impact de la crise sanitaire sur les investissements en 2020
Selon les 113 dirigeants internationaux interrogés en avril, 51% estiment qu'une réduction mineure de leurs projets d'investissements est à prévoir, 15% planchent sur une réduction profonde. Aucune annulation n'est prévue pour l'instant.
EY Un impact de l'ordre de 18 à 15% sur les IDE dans les sites de production des secteurs de l'aéronautique, l'automobile, les équipements industriels, la chimie et la plasturgie – qui par ailleurs sont les sites qui concentrent le plus d'investissements étrangers - est prévu en 2020.
L'envergure des plans de relance publique post crise sanitaire arrive en tête des préoccupations des dirigeants étrangers (80%) concernant la localisation de leurs prochains investissements. "Pivot incontournable de l’économie tricolore, ses investissements publics vont en partie conditionner le redémarrage", commente Marc Lhermitte. Arrive ensuite l'adoption du digital par les consommateurs (71%).
EY Sur le moyen-terme, 82% des sondés estiment que la tendance la plus dynamique dans les trois prochaines années sera les technologies d'automatisation des processus humains, jugeant par ailleurs à 40% que les eco-technologies et les énergies renouvelables seront les principaux secteurs d'activité qui soutiendront la croissance française. "Les nouveaux comportements et les attentes des consommateurs devront également être pris en compte. Le facteur environnemental, l’origine des produits, les circuits courts sont désormais des éléments que les entreprises ne peuvent plus ignorer", conclut Eric Fourel, président d'EY en France.
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