Nom de code : «Productive Friday». Traduction littérale : «vendredi productif». Pour lutter contre le fléau de la réunionite, l’entreprise Back Market a décidé, depuis 2020, d’interdire les meetings et visioconférences le dernier jour de la semaine. «Les réunions sont donc concentrées sur les quatre premiers jours de la semaine. Le vendredi est libéré, sanctuarisé, afin de permettre à nos collaborateurs de se concentrer davantage sur des tâches de fond, de réflexion, de prospective», revendique Axelle Caharel, la directrice des ressources humaines de cette marketplace de produits reconditionnés, qui compte 700 collaborateurs et est présente en Europe, aux Etats-Unis et en Asie.
Responsable marketing dans l’entreprise depuis trois ans, Quentin Vandegucht, 34 ans, se réjouit de la possibilité qui lui est offerte de «reprendre le pouvoir sur le temps et sur [son] agenda» au moins une fois par semaine. Lorsqu’il arrive le vendredi, il se consacre à des dossiers qu’il n’a pas eu le temps de «boucler» dans la semaine. «Je fais de la veille, je lis des articles, je regarde des vidéos liées à mon secteur d’activité, je planifie soigneusement mon agenda de la semaine suivante» explique-t-il, rappelant le nombre élevé de réunions auxquelles il participe dès le lundi (reporting, business review, brief commercial..).
De nouvelles règles pour des réunions efficaces
La règle sur le télétravail ayant établi que les collaborateurs devaient passer deux jours minimum dans l’entreprise, le «Productive Friday» peut se dérouler dans les locaux de l’entreprise ou au domicile des collaborateurs. Attention, prévient la DRH, la règle du «Productive Friday» souffre quelques exceptions, comme en cas de crise qui affecterait l’entreprise ou d’un surcroit de charge de travail. «Il y a un mois, nous collaborions, à 15, sur un projet stratégique pour l’entreprise, lié à la fidélisation de nos salariés. L’échéance était proche. Nous nous sommes réunis 45 minutes un vendredi pour accélérer le process» reconnait Axelle Caharel.
Pour être efficaces, ses équipes ont élaboré une politique de réunions stricte : 1 heure maxi, la convocation des seuls collaborateurs indispensables et la définition d’un objectif précis et bien identifié comme le partage d’informations, la réflexion autour d'un sujet, ou la prise de décisions…



