A chacun selon ses attentes… Chez Blablacar, depuis un accord d’entreprise d’octobre 2021, les 700 salariés (dont 450 en France) peuvent choisir le rythme de leur présence au bureau, de cinq jours par semaine à deux ou trois jours par mois, une solution imaginée pour ceux partis se mettre au vert. « Depuis les confinements, nous avions une forte demande de nos collaborateurs pour plus de télétravail », explique la DRH, Stéphanie Fraise. L’accord précédent autorisait les salariés à prendre un à deux jours de télétravail par semaine, le télétravail à temps plein étant accessible à la seule population tech, qui l’avait peu demandé. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, 26% des salariés ont opté pour un télétravail à temps plein, avec cet impératif de revenir dans l'entreprise pour une session continue de deux à trois jours chaque mois.
Un levier d'attractivité
Un choix effectué le plus souvent parce qu’ils ont quitté la région parisienne. Ces salariés sont désormais éparpillés dans plus de 90 villes… Dans l’ingénierie, ils sont même 40% à ne venir au bureau qu’une fois par mois. Les salariés parisiens, eux, ont plutôt opté pour deux à trois jours de télétravail par semaine, une des journées au bureau étant estampillée « Team Day » afin de ressouder les rangs.
« Cette flexibilité totale est clairement un levier d’engagement et de rétention de nos salariés, explique la DRH. Elle est aussi un outil de recrutement : aujourd’hui, c’est la première question qu’on nous pose en entretien. Les candidats ne nous rejoignent pas pour ça, mais sans cette possibilité, certains ne viendraient même pas nous voir… »
Mobilier ergonomique, frais de transport et de coworking...
L’entreprise aide financièrement ses salariés par une prime de 450 euros pour équiper leur domicile en bureau et fauteuil ergonomique, leur verse jusqu’à 500 euros par mois pour leurs déplacements au siège (train + hôtel) et dédie un budget co-working de 200 euros par mois à ceux qui souhaitent travailler hors de leur domicile. « De plus en plus de collaborateurs se regroupent pour travailler ensemble dans le même espace de co-working à Bordeaux, Lyon, Nantes… », poursuit la responsable des ressources humaines.
L’accord d’entreprise a été validé par les organisations syndicales d’une des deux entités juridiques de Comuto, la société anonyme détentrice de Blablacar, et a fait l’objet d’une charte et d’une consultation du Comité social et économique (CSE) dans une deuxième entité, selon la direction. L’accord relevant du droit français ne s’applique pas à l’étranger, mais Blablacar a choisi de le proposer à tous ses salariés. Les conditions financières ont été « adaptées au niveau de vie de chaque pays », précise Stéphanie Fraise.
Des locaux trop grands
Ce télétravail massif s’est mis en place après la décision de l’entreprise, prise en 2018, de déménager du quartier parisien de la Bourse pour celui de Bastille. Les nouveaux locaux, ouverts ce printemps, sont déjà trop grands pour une population en grande partie absente. « Nous sous-louons une partie de nos espaces et nous avons aménagé des espaces conviviaux, pour que la présence au bureau soit agréable et que nos collaborateurs ne passent pas leur journée derrière des écrans avec ceux qui télétravaillent… » Une dérive du télétravail tournant dans laquelle se reconnaîtront probablement nombre de salariés.



