Après l’hydrogène noir, gris, bleu, vert ou encore jaune, c’est le h2 blanc ou «naturel» qui fait parler de lui. Un premier permis d’exploration a été délivré en France à la société TBH2 Aquitaine, basée à Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 23 novembre. L’entreprise pourra rechercher cet hydrogène présent naturellement dans le sous-sol en réalisant des forages sur une zone de 225 km2 environ (qui couvre une quarantaine de communes), selon l’arrêté au Journal officiel dimanche 3 décembre.
D’une durée de cinq ans, ce «permis exclusif de recherches de mines d'hydrogène natif, hélium et substances connexes dit «Sauve Terre H2»» est le premier délivré parmi six demandes en cours dans l’Hexagone qui concerneraient notamment la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de la Moselle, selon le gouvernement.
Source d’énergie décarbonée
Si l’hydrogène est considéré comme un vecteur énergétique puisqu’il doit être fabriqué à partir d’une source d’énergie (dans 95% des cas grâce aux combustibles fossiles comme le gaz), l’hydrogène blanc constituerait en lui-même une source d’énergie décarbonée probablement renouvelable et présente en quantité sous nos pieds sur tous les continents. Une bonne nouvelle alors que l’h2, dont la combustion n’émet pas de CO2, est perçu comme une solution d’avenir pour remplacer les énergies fossiles dans les secteurs de l’industrie et de la mobilité notamment.
D’autant que son coût serait largement inférieur à celui de l’hydrogène produit de manière industrielle. «L’hydrogène natif est fabriqué naturellement par la planète dans certains contextes géologiques. Il n’utilise donc ni eau ni énergie anthropique et ne nécessite pas de matériaux critiques, ce qui permet d’atteindre des coûts de production très compétitifs», a affirmé à L’Usine Nouvelle Nicolas Pelissier, président de la start-up 45-8 Energy basée en Moselle. Celle-ci souhaite développer des puits d’hélium et d’hydrogène en Europe. A l’heure actuelle, le seul gisement d’hydrogène natif exploité dans le monde se trouve au Mali.



