Trois candidats déclarés pour succéder à Geoffroy Roux de Bézieux à la présidence du Medef

[ACTUALISE] Les prétendants à la présidence du Medef ont jusqu'au 5 mai pour déclarer leur candidature à la succession de Geoffroy Roux de Bézieux. L'élection se tiendra 6 juillet prochain. Le 27 mars, Alexandre Saubot, président de France Industrie et longtemps pressenti pour être candidat, a annoncé qu'il ne se présenterait pas. Trois candidats sont désormais sortis du bois.

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Université d'été du Medef Geoffroy Roux de Bézieux
Qui pour remplacer Geoffroy Roux de Bézieux à la tête du Medef ?

C'est Dominique Carlac'h, actuelle vice-présidente du Medef, qui a tiré la première et s'est déclarée candidate à la présidence du Medef. Depuis le 6 mars, les prétendants à la présidence du Medef peuvent officiellement faire acte de candidature. Elu pour un mandat de cinq ans non reconductible, l’actuel président Geoffroy Roux de Bézieux doit céder sa place en juillet 2023. Jusqu’au 6 mars, une «charte des candidats» leur imposait le silence sur leurs intentions. Objectif: ne pas nuire à une action patronale cohérente et soudée en la parasitant de luttes intestines. Cette charte élaborée par le comité statutaire et d’éthique du Medef a été respectée. Elle comporte de nombreuses recommandations valables pour l’ensemble de la campagne comme «adopter en toute circonstance un comportement loyal conforme à la probité et à l’intégrité vis-à-vis du Medef» incluant «ses représentants élus et les autres candidat(e)s».

Les candidats ont jusqu’au 5 mai pour se déclarer avec un dossier complet. De la déclaration de candidature à l’élection, le chemin est long. La campagne se déroule sur une période de quatre mois et le nouveau président sera élu le 6 juillet prochain par une assemblée électorale composée du président, des personnalités élues du Conseil exécutif, des représentants des membres associés et de 1 100 délégués représentant les organisations adhérentes (60% d’organisations professionnelles et 40% de Medef territoriaux). La validation des candidatures elle-même est conditionnée par un parrainage de 150 membres de l’assemblée générale du Medef ayant voix délibérative. Depuis le 13 mars, une plateforme de recueil de parrainage est ouverte.

Des fédérations et territoires à convaincre

Les candidats ne manqueront pas de sillonner la France des Medef territoriaux et de rencontrer les grandes fédérations professionnelles pour obtenir leurs parrainages et convaincre. Quelques autres conditions sont requises pour occuper le bureau présidentiel de l'avenue Bosquet comme ne pas avoir dépassé les 65 ans, être un chef d’entreprise en activité d’une société d’au moins cinq salariés ou avoir un casier judiciaire vierge et pas d’interdiction d’exercer une activité commerciale, de gérer d’administrer ou de diriger une personne morale.

Le 7 mars, Dominique Carlac'h, qui avait déjà postulé en 2018, s'est officiellement déclarée. Agée de 54 ans, cette ancienne championne d'athlétisme, diplômée de Sciences Po Paris, dirige une petite société de conseil en innovation D&Consultants. Elle fait partie de la garde rapprochée de Geoffroy Roux de Bézieux. Au Medef, elle est très impliquée sur les sujet de RSE et engagée sur la féminisation des entreprises, mais n'a jamais hésité a donné de sa personne pour expliquer sur les plateaux toutes les prises de position de l'organisation patronale.

Une semaine après, elle était suivie de Patrick Martin, actuel numéro deux du Medef dont l’envie de poursuivre son action patronale, y compris au plus haut niveau, était palpable de longue date. Il avait d'ailleurs commencé à sillonner les Medef territoriaux. Patrick Martin s’était rallié à Roux de Bézieux lors de la précédente élection il y a cinq ans. Il est le PDG de Martin-Beylasoud, une ETI familiale de distribution de produits pour le bâtiment et l’industrie (1 milliard d’euros de CA et 3000 collaborateurs). Preuve de son dynamisme de dirigeant et acteur de la transition écologique, il a opportunément annoncé le 3 mars l’acquisition à 75% de l’entreprise HCR Solipac (103 millions de chiffre d’affaires en 2022) qui distribue les panneaux solaires d’Hitachi en France. Ce Lyonnais, ancien président du Medef Rhône Alpes, est bien implanté dans les territoires et a joué un duo efficace avec Geoffroy Roux de Bézieux pendant cinq ans comme vice-président. S’il n’a pas le sens de la formule de l’actuel patron du Medef, il est relativement à l’aise en communication et pour défendre l’entreprise les accents de sa voix rocailleuse de fumeur sont désormais bien identifiés du monde patronal. Début mars, il a publié sur son compte LinkedIn un billet d’ode à l’entrepreneuriat et a reçu sur Twitter, le 6 mars, le soutien d'un des porte-paroles du Medef, Fabrice Le Saché.

Pierre Brajeux, déjà candidat en 2018, a annoncé mi-mars qu'il se représentait lui aussi pour cette édition 2023. Président délégué de la Fédération française de la sécurité, ancien président du Medef des Hauts-de-Seine, le patron de l'entreprise de sécurité privée Torann-France promeut une rupture avec le Medef de Geoffroy Roux de Bézieux. Fini le Medef "d'accompagnement" ou le Medef "d'image", dit-il, place à un Medef "de propositions", plus combattif.

Figure de l’industrie, Alexandre Saubot hésitait depuis plusieurs mois à se représenter, après son échec, en 2018 face à Geoffroy Roux de Bézieux (224 voix contre 284). Le 27 mars, ce Polytechnicien dirigeant de l’entreprise familiale Haulotte, a annoncé qu'il ne serait pas candidat. «Les enjeux de souveraineté et de réindustrialisation de notre pays sont ma principale préoccupation. Je vais continuer à m'y consacrer pleinement», explique l'actuel président de France industrie, ancien président de l’UIMM et ancien responsable de diverses organisations paritaires (Unedic).

Le scrutin promettait un nouveau venu dans la course, les trois candidats précédents étant déjà dans la course de 2018: Laurent Giovachini, également Polytechnicien, actuel président du Syntec et de l'entreprise de services numériques Sopra Steria, qui avait même prévu un déjeuner avec des journalistes le 6 mars. Mais un accident de santé a bouleversé son calendrier. Il est actuellement hospitalisé dans un état grave et son équipe indique qu’il est trop tôt pour se prononcer sur la suite de sa campagne.

Le grand moment, pour tous les candidats, au-delà de leurs visites privées dans les fédérations et en région, sera leur audition au Conseil exécutif  le 17 avril et celle qu’ils réaliseront en assemblée générale le 30 mai. Elle aura lieu à l’amphithéâtre du Medef et sera retransmise en direct vidéo.

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