Le patron du Medef n’anticipe pas une forte mobilisation du privé sur les retraites

Les salariés du privé comme du public sont très majoritairement contre la réforme des retraites. Mais quid de la mobilisation réelle sur le terrain ? Pour le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, les négociations salariales devraient affecter plus fortement les employés du privé que les retraites.

 

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Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.

Y aura-t-il des bataillons de salariés du secteur privé dans les grèves et les manifestations de jeudi 19 janvier 2023 ? Pas évident selon Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef. Evidemment, il n’est sûr de rien et considère que la réalisation de pronostics sur le climat social est un exercice aléatoire. Néanmoins, lors de ses vœux à la presse le 18 janvier, il a déclaré : «On ne voit pas de mobilisation très forte dans le privé à ce stade.» Si le rejet de la réforme des retraites dans la population ne lui a pas échappé, il affirme que les employés sont attendus, plutôt une fois la réforme passée, sur l’emploi des seniors.

Il estime par ailleurs que «dans les entreprises, la préoccupation des salariés c’est plus la fin du mois que la fin de carrière». Cette perception semble confirmée par la base des dirigeants. Dans un sondage réalisé (entre décembre 2022 et janvier 2023) par l’Ifop pour le Medef sur un panel de 600 chefs d’entreprises, 69% redoutaient des mouvements sociaux dans les prochaines semaines «au niveau national» mais seulement 6% «au sein de leur entreprise».

Attentes sur les salaires

Ce sont plutôt les négociations salariales qui seront compliquées, selon Geoffroy Roux de Bézieux. «L’augmentation des salaires est la préoccupation numéro 1 de nos salariés du privé, surtout ceux qui se situent entre le SMIC et jusqu’à 2 000 euros.» Une inquiétude légitime selon lui, au vu du niveau de l’inflation. Dans les négociations en cours, les représentants des salariés disposent du chiffre d’inflation de 2022, ce qui n'était pas le cas l'an passé. Le président du Medef estime que les hausses seront plus importantes en 2023, «plutôt autour de 4 à 5% mais avec des niveaux très hétérogènes selon les entreprises». Car «il y a celles qui peuvent répercuter les coûts et celles qui ne le peuvent pas car elles sont liées par des contrats». Selon lui, dans des industries de main d’œuvre «qui ont déjà pris 10% de hausse du SMIC dans l’année et qui ne peuvent pas réévaluer leur prix de vente, la situation va être délicate».

Des dirigeants optimistes sur la situation de leur entreprise

Pour autant, il estime que globalement, les dirigeants accepteront des hausses car ils ont toujours de forts besoins de recrutement. L’étude réalisée par le Medef montre que malgré les incertitudes de la période, 82% d'entre eux restent optimistes sur la situation de leur entreprise. Cela s'explique notamment par des carnets de commandes bien remplis. Les chefs d'entreprise ne baissent pas la garde sur leurs projets de développement : 59% les maintiennent, 33% veulent les augmenter et seuls 5% comptent les réduire. Les deux craintes principales portent sur la hausse des prix de l’énergie et les difficultés de recrutement.

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