Les gros contrats se multiplient pour les industriels de la défense. Mardi 17 novembre, Thales a remporté une commande de 1,5 milliard d’euros pour équiper les futures frégates de la marine allemande. Il s'agit du troisième plus gros contrat dans l'histoire du groupe français,
a précisé à Reuters le PDG Patrice Caine.
Quatre frégates MKS 180
Thales va fournir le système de mission et de gestion de combat à bord de quatre frégates multi-missions MKS 180 qui renforceront la Deutsche Marine. “Les termes contractuels comportent également une option pour l’équipement futur d’un ou deux navires supplémentaires”, indique Thales dans un communiqué.
Dans le cadre de cette coopération européenne, le groupe d’électronique de défense assurera des services logistiques, des essais sur site terrestre et des services de formation “sur de nombreux sites”. Le contrat comporte aussi l’intégration des outils à bord des navires de guerre.
Un chantier de dix ans
La construction des bâtiments a été confiée à des chantiers navals allemands, sous la direction de l’entreprise néerlandaise Damen Schelde Naval Shipbuilding. “La première frégate MKS 180 sera opérationnelle en 2028 et l’ensemble du programme se développera sur une période de dix ans”, précise Thales.
Le chantier va mobiliser les centres d’excellence de Thales à Hengelo (Pays-Bas), Kiel (Allemagne) et Wilhelmshaven (Allemagne). L’entreprise souhaite aussi s’appuyer sur un vaste réseau de sous-traitants allemands. Selon Thales, 70 % de la charge de travail devrait être concentrée en Allemagne ce qui laissera 30 % aux Pays-Bas.
"Protéger le bateau dans des conditions de menaces très sévères"
Les équipements fournis par Thales comprennent plus précisément le système de gestion de combat Tacticos et le système de conduite de tir AWWS (Above Water Warfare System) dont le développement a débuté en 2019. Combiné à un radar, le système AWWS “permet à l’équipage de contrer et de maîtriser les attaques par saturation les plus complexes, grâce à l’analyse et à l’optimisation continue de l’environnement tactique et au déploiement de ressources adaptées”, décrit Thales.
“Il y a dix ans nous ne parlions pas d’attaques de drones en essaim, a développé lors d’une conférence téléphonique Philippe Duhamel, directeur général adjoint en charge des systèmes de mission de défense chez Thales. Ce qu’a demandé la marine allemande, c'est que nous démontrions notre capacité à réagir et à protéger le bateau dans des conditions de menaces très sévères. Ce n’est pas une menace à la fois. [...] Ce sont des scénarios composites dans lesquels il y a des attaques avec des cibles de surface, des cibles aériennes, lentes, rapides, nombreuses… Et qui n’arrivent pas forcément que d’un seul côté.”
Série de bonnes nouvelles pour Thales
Cette annonce ponctue une série de bonnes nouvelles pour Thales, que ce soit dans le spatial ou la défense. En pleine crise sanitaire, ces contrats permettent à l’entreprise de compenser ses pertes dans l’aéronautique civile. L’entreprise salue aussi “une étape clé dans le développement d’une industrie de défense européenne”.
Le groupe français prépare d'autres appels d'offres dans le périmètre européen. “Il va y avoir le remplacement des M-Fregatten, qui seront des frégates communes belgo-néerlandaises”, évoque Philippe Duhamel.
Avec Reuters



