Chronique

Télétravail dans les entreprises françaises : stop ou encore ?

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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Télétravail
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La ruée sur le télétravail post-Covid, c'est bel et bien fini. De nombreuses entreprises américaines font marche arrière et demandent aux salariés de revenir en présentiel. Donald Trump lui-même a prévenu, la semaine dernière les fonctionnaires :. Si vous ne revenez pas au travail vous serez virés.{C}{C}{C}{C}{C}

Amazon en est l'exemple le plus spectaculaire. La consigne est claire depuis septembre. À partir de janvier, les salariés devront revenir au bureau à plein temps, cinq jours par semaine. Chez les Américains, il y a un mouvement de retour massif en présentiel. On peut citer les exemples de Dell, 3M, L3Harris… Les grandes entreprises serrent la vis. Comme nous étions allés moins loin, le virage est moins massif en France mais la tendance est aussi à moins de télétravail dans beaucoup d’entreprises.

Après une première vague de flexibilité parfois extrême, les entreprises réalisent que tout n’est pas rose avec le télétravail.  «En France, le télétravail s’est installé avec la crise Covid, de manière un peu désorganisée. Désormais, les entreprises remettent de l’ordre dans leurs pratiques après s’être rendu compte des avantages et des défauts du télétravail», observe Benoît Serre, le vice-président délégué de l’Association nationale des DRH. Velux, par exemple, avait adopté trois jours de télétravail par semaine. Résultat ? «Le sentiment d’appartenance s’est délité, et les nouveaux arrivants avaient du mal à s’intégrer», explique Timothée Chauveau, responsable RH  de Velux. Dès janvier prochain, ce sera une alternance de deux à trois jours par semaine.

Chez Renault aussi, les règles vont changer : on passe de trois à deux jours de télétravail, avec des ajustements pour préserver la cohésion d’équipe.

Chez Engie, un nouvel accord propose dix jours de télétravail par mois, ce qui fait en moyenne deux jours et demi par semaine. C’était plutot 3 jusque là. Dans son dernier accord entré en vigueur le 1er juillet dernier, l’assureur Axa a lui précisé que les deux jours de présence sur site par semaine étaient «un minimum». L’accord prévoit en outre un accès au télétravail progressif pour les nouvelles recrues afin de favoriser leur montée en compétence lors de leur prise de poste.

Ce changement ne passe pas forcément très bien chez les salariés. Chez Ubisoft, en septembre dernier, une grève a éclaté après la demande de revenir trois jours minimum par semaine. Chez Free, même scénario dans plusieurs centres d’appel. Pour certains salariés, le télétravail est devenu un acquis précieux. Selon une étude de l’Apec, près de 70% des cadres seraient mécontents si on réduisait leur télétravail… Un quart d’entre eux irait même jusqu’à changer d’entreprise ! L’équation est donc complexe : trouver le bon équilibre entre flexibilité, productivité et cohésion. Une chose est sûre : le télétravail est là pour durer en France dans les grandes entreprises, mais avec des règles plus élaborées… et des négociations à suivre de près.

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