Enveloppe des augmentations réduites, gel des salaires, tensions sociales en hausse… Les négociations annuelles obligatoires (NAO) marquent «un recul historique des budgets» dans les entreprises françaises en 2025, selon l’enquête annuelle du cabinet Mercer publiée jeudi 10 juillet. L’enveloppe médiane dédiée aux augmentations de salaires est passée de 4% en 2024 à 2,5% en 2025, dans un contexte de baisse de l’inflation.
Sur les 222 entreprises françaises participantes, plus de 60% opèrent dans un secteur industriel ou lié à l’industrie (énergie, tech, sciences du vivant…). Près de 7% d’entre elles ont gelé au moins une partie des salaires en 2025, «du jamais vu depuis 2021», selon la treizième enquête annuelle du cabinet sur le sujet. Les budgets dédiés sont de plus assez homogènes selon les filières, entre 2% pour le secteur des biens de consommation et 3% pour les secteurs de l’énergie ou des sciences du vivant.
Des négociations plus longues et plus tendues
Les NAO ont par ailleurs été plus longues qu’en 2024, «compte tenu du manque de visibilité économique et politique» de la fin d’année, suite aux changements de gouvernement. En mars 2025, date de la fin de l’enquête, 84% des entreprises interrogées avaient finalisé leurs discussions, contre 93% l’année précédente. Signe d’un climat social tendu, les NAO qui ont effectivement abouti avant fin mars ont été plus nombreuses à se conclure par des procès-verbaux de désaccord (21% en 2025 contre 18% en 2024).
Comme avant la période inflationniste, les augmentations générales ont toutes été dédiées aux populations non-cadre, avec une médiane nettement plus basse qu’avant la crise du Covid. Elles s’établissent ainsi à 0,2% en 2025, contre 1% en 2024, 3% en 2023 et 0,43% en 2019-2020. Quant aux augmentations individuelles, celles-ci ont été principalement dédiées aux niveaux cadres, mais ces dernières sont également plus faibles qu’en 2023 et 2024.



