Les salariés de la métallurgie sont un peu mieux lotis que ceux de l’ensemble de l’économie : leurs salaires augmenteront, en moyenne, de 2,35% en 2025, contre 2,27% pour ceux de l’ensemble des secteurs. Le Centre Etudes et Data du Groupe Alpha doit révéler le 6 février son analyse de 630 accords issus des négociations annuelles obligatoires (NAO) pour 2025. L’Usine Nouvelle a pu consulter, en avant-première, le bilan de 99 d’entre eux signés dans la métallurgie.
Dans ce secteur, les augmentations générales (AG) seront en moyenne de 1,84%, les augmentations individuelles (AI) de 1,61%. Des taux légèrement inférieurs à ceux de l’ensemble des secteurs, puisque les AG se feront, en moyenne, à hauteur de 1,9% et les AI autour de 1,7%. Alors, plus ou moins d’augmentations dans la métallurgie ? «Contrairement à d’autres secteurs qui privilégient soit les AG, soit les AI, la métallurgie adopte davantage un budget mixte», note l’étude.
Combinaison d'augmentations générales et individuelles
Le secteur recourt plus fréquemment que d’autres «à la combinaison d’AG et d’AI» : l’étude montre que 77% des entreprises de la métallurgie qui ont prévu d’augmenter les salaires en 2025, feront bénéficier les cadres et ingénieurs d'augmentations générales (61% tous secteurs). 65% utiliseront l’enveloppe des augmentations individuelles non pas uniquement pour leurs cadres, mais aussi pour leurs non-cadres (48% tous secteurs). Au total, AG et AI confondues, les ouvriers et employés de la métallurgie bénéficieront d’une augmentation moyenne de 2,41%, les professions intermédiaires de 2,33% et les cadres et ingénieurs de 2,32%.
Les écarts entre sous-secteurs de la métallurgie ne sont pas très marqués : c’est dans celui des «machines, moteurs et équipements» que les augmentations seront les plus élevées (2,72% en moyenne) et dans la sidérurgie et fonderie (2,07%) et l’automobile (2,08%) qu’elles seront les plus faibles. Entre ces deux extrêmes, les salaires augmenteront en moyenne de 2,48% dans les équipements électriques, et de 2,14% dans l’aéronautique, spatial, défense. Avec ses 2,35% d’augmentations moyennes, la métallurgie fait mieux que l’agroalimentaire (+ 1,94%) mais moins bien que la construction (+2,45%).
L'inflation n'a toujours pas été rattrapée
Dans la métallurgie comme dans l’ensemble des secteurs, ces augmentations moyennes sont supérieures à l’inflation (+1,4% sur un an en janvier), pour la première fois depuis trois ans. Mais elles ne compensent toujours pas les pertes de pouvoir d’achat dues aux années d’inflation, les augmentations de 2022 et 2023 ayant été inférieures à l’inflation. Elles sont en baisse pour la deuxième année consécutive : en 2024, les AG+AI s’élevaient à 3,5% en moyenne, en 2023, à 4,6%.
Preuve que les entreprises n’étaient pas très optimistes fin 2024 : 33% d’entre elles n'ont prévu aucun budget d’augmentations pour 2025, mais uniquement des mesures périphériques (primes, avantages repas, etc). Elles n’étaient que 23% l’année dernière. Là encore, l’industrie s’en sort bien : les entreprises de la métallurgie, de l’énergie-chimie et de l’agroalimentaire sont sous-représentées parmi celles qui n’augmenteront pas leurs salariés en 2025.



