Hydrogène, chimie verte, CCS... Technip Energies compte ses atouts dans la transition écologique

En attendant que la scission de Technip Energies et TechnipFMC se fasse, la française Catherine MacGregor affine le nouveau positionnement du pôle ingénierie de l’équipementier pétrolier. Elle mise beaucoup sur le bas carbone.

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Bioraffinerie de Total à La mède
Technip Energies sait construire des bioraffineries comme celle de Total à La Mède (Bouches-du-Rhône).

Technip Energies n’est pas encore une entreprise indépendante. La crise sanitaire a repoussé, au mieux à fin 2020, la scission de TechnipFMC en deux entités. Mi-mars, l’entreprise annonçait que les conditions de marché ayant "considérablement changé en raison de l’épidémie de Covid-19, de la forte baisse des prix des matières premières et de la volatilité accrue des marchés boursiers mondiaux", elles n’étaient pas "propices à la séparation prévue de la société en TechnipFMC et Technip Energies".

Elle confirmait en revanche que "la justification stratégique de la séparation demeure inchangée" et qu'elle poursuivait ses préparatifs afin que les deux entreprises soient prêtes à se séparer lorsque les marchés seront suffisamment rétablis. Lorsque ce sera le cas, il faudra ensuite encore au moins trois mois avant que la scission soit effective.

15 000 personnes dans le parapétrolier

On n’en est pas encore là. Ce qui n’empêche pas la française Catherine MacGregor, future dirigeante de Technip Energies - aujourd’hui pôle ingénierie onshore et offshore du groupe - d’avancer dans le développement de l’activité et sa diversification. Le contrat de plus d’un milliard de dollars annoncé le 8 juillet par TechnipFMC et signé avec l'Assiut National Oil Processing Company (ANOPC) pour la construction d’un nouveau complexe d'hydrocraquage pour la raffinerie égyptienne d'Assiut, vient d’ailleurs grossir le carnet de commandes de Technip Energies. Une bonne nouvelle, alors que les grands pétroliers ont réduit d’environ 20 % leurs investissements dans l’exploration production et que le raffinage est un peu partout en surcapacité.

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Très fort dans le GNL

Une situation qui oblige Catherine MacGRegor à accélérer la diversification des activités vers le bas carbone. Et elle a profité du confinement pour faire la revue stratégique des atouts de Technip Energies et sa filiale de conseil Genesis dans les solutions alternatives aux énergies fossiles. Elle a trouvé quatre domaines où avancer ses pions. Le premier est son savoir-faire en matière de train de production de gaz naturel liquéfié, avec ses grands contrats en Arctique russe (Yamal et Arctic2). Même s’il est fossile, le gaz est pour l’instant présenté comme l’énergie de transition idéale pour remplacer le charbon.

Une expertise dans l'hydrogène bleu

Technip Energies a aussi des compétences en matière de chimie verte. L’entreprise construira les bioraffineries du géant finlandais des biocarburants Neste et a acheté une technologie, Hummingbird, dans le domaine des biocarburants. Elle participe également à une étude sur la construction d’une usine de bioéthanol en Europe du Nord. Technip Energies veut aussi se développer dans les bioplastiques. Enfin, l’entreprise travaille à la conception de l’usine pilote de recyclage de plastiques PET à Lyon (Rhône) pour le français Carbios et a acquis aux États-Unis une technologie de purification du polystyrène.

Et la capture de CO2...

L’ingénieriste français revendique aussi une forte expertise dans l’hydrogène bleu, avec quelques 270 références d’unités de production par reformage de gaz ou de pétrole, dont une cinquantaine bénéficient déjà de capture de CO2. Sur la capture et stockage de CO2, Technip a un partenariat technologique avec Shell et travaille sur le projet de capture de CO2 sur une usine de traitement de déchet d’Oslo dans le cadre du projet Northern Lights.

Mais peu de choses zéro carbone

Enfin, il veut se positionner sur les solutions 100 % décarbonées, à base d’énergies renouvelables et d’hydrogène vert. Mais là, hormis une expertise sur l’électrolyse haute température, son offre est "moins mature", reconnait Catherine MacGregor. Et il va falloir créer des synergies entre les différents laboratoires, comme celui de Zoetermeer aux Pays-Bas qui est spécialisé dans l’hydrogène, celui qui est en pointe dans les bioplastiques à Francfort en Allemagne, le centre d’ingénieries en chimie historique de Technip de Lyon ou encore celui de Boston.

Et pas de trajectoire vers la neutralité

Technip Energies devra aussi d’urgence montrer l’exemple en se dotant d’une réelle stratégie bas carbone. Celle lancée en 2018 pour trois ans, qui visait une réduction des émissions de 5 % par an, doit être revue et amplifiée. Car ses clients pétroliers, voulant aussi réduire leurs émissions sur tous les scopes, vont demander à leurs fournisseurs d’afficher l’empreinte carbone de leurs produits. Or Technip Energies héritera, lors de la scission, du site de production de bras de chargement de gaz liquide de Sens (Yonne). Si pour l’instant les clients ne demandent pas d’analyse de cycle de vie de l’équipement, cela ne saurait tarder.

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