Opel branché sur batteries, une troisième usine de cellules... Stellantis met résolument le cap sur l'électrique

Stellantis a dévoilé sa stratégie d'électrification le 8 juillet. À horizon 2025, le groupe né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) compte investir plus de 30 milliards d’euros dans l'électrique et les logiciels.

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Opel Manta électrique
Stellantis a annoncé que sa marque Opel passerait au tout électrique dès 2028 en Europe.

C’est officiel. Stellantis va installer sa troisième usine de batteries en Italie. Mais le constructeur automobile ne va pas s’arrêter là. Jeudi 8 juillet, à l’occasion de son EV Day 2021, le groupe a annoncé qu’il visait la construction de cinq usines de production de batteries en Europe et en Amérique du Nord. À horizon 2025, le groupe né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) compte investir plus de 30 milliards d’euros dans sa stratégie d’électrification et les logiciels.

L’usine de Termoli reconvertie

Début juillet, Stellantis avait dévoilé qu’il négociait avec le gouvernement italien pour construire une gigafactory. “Nous avons trouvé un accord avec le gouvernement italien sur le soutien à apporter pour transformer notre usine de moteurs de Termoli", a révélé Carlos Tavares, le directeur général du groupe. L’entreprise n’a pas donné plus de détails sur la capacité du site et sur le calendrier du lancement. 

Avec ce nouveau projet, Stellantis compte désormais trois chantiers d'usines de production de cellules de batteries. Le constructeur travaille dans la coentreprise ACC avec Saft (filiale de TotalEnergies) pour démarrer un site à Douvrin (Pas-de-Calais) en 2023. Un autre site doit suivre en 2025 à Kaiserslautern (Allemagne).

Stellantis planche sur deux autres projets d’usines à horizon 2030. La localisation de ces gigafactories n’a pas été dévoilée mais l'entreprise a décrit des négociations en voie de finalisation aux États-Unis. Le constructeur souhaite également conclure “des contrats complémentaires et des partenariats pour répondre à la demande totale”. Cette stratégie permettra au groupe de "disposer de plus de 130 GWh de capacité d’ici à 2025 et de plus de 260 GWh d’ici à 2030", selon ses dirigeants.

Opel va devenir 100% électrique en Europe

Stellantis a profité de l’EV Day 2021 pour préciser ses objectifs de ventes: atteindre 70% de "véhicules à faibles émissions", c'est-à-dire électriques ou hybrides en Europe vers 2030 sur le segment des voitures particulières, contre 14% en 2021. Aux États-Unis, toujours pour 2030, le groupe vise 40% de LEV dans le segment des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers, contre seulement 4% en 2021.

Et après 2030 ? L'événement de Stellantis intervient alors que la Commission européenne pourrait proposer le 14 juillet de bannir les moteurs thermiques dès 2035. "L'offre électrifiée sera là en 2025, a commenté Carlos Tavares. À partir de là, le mix des ventes sera davantage le résultat de l'environnement extérieur à l'entreprise : densité du réseau de recharge, subventions, praticité des véhicules dans les zones périurbaines..." Le dirigeant a défendu la bonne place de Stellantis dans la transition électrique malgré les critiques de certaines associations comme Transport&Environment (T&E). "Nous sommes parfaitement dans le bon timing", a insisté Carlos Tavares.

Le groupe a complété ces objectifs avec une annonce “choc”. La marque allemande Opel va devenir 100% électrique en Europe dès 2028, un objectif plutôt ambitieux si on le compare aux engagements des autres constructeurs automobiles allemands. L’entreprise souhaite soutenir cette transformation avec le retour en version électrique l’Opel Manta, un coupé emblématique des années 1970. Avec cette nouvelle identité électrique, Opel souhaite également faire son arrivée en Chine. Une destination difficilement contournable pour les constructeurs automobiles puisque le pays constitue le plus gros marché automobile dans le monde.

Stellantis rassure les investisseurs... Et les consommateurs  

Malgré ces ambitions, Stellantis a tenu à rassurer les investisseurs. Le groupe dit “viser à moyen terme et de façon durable une marge opérationnelle courante à deux chiffres” à l’horizon 2026. À la même date, l'entreprise espère qu'elle pourra proposer des véhicules électriques avec un coût total de possession équivalent à celui des véhicules thermiques. Un thème cher à Carlos Tavares qui a souvent pointé du doigt le prix élevé des voitures électriques.

Le groupe compte dégager des profits grâce aux synergies liées à la fusion de PSA-FCA, estimées à 5 milliards d’euros par an en régime stabilisé. Stellantis mentionne également la réduction des coûts des batteries, l’optimisation de sa distribution et de sa production, ainsi de nouveaux revenus dans les services connectés et le logiciel. Sur ce dernier point, l'entreprise a promis une nouvelle présentation à l'automne pour décrire plus en détail ses intentions dans le domaine du logiciel.

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