Stellantis veut sauver son usine britannique d'Ellesmere Port grâce aux utilitaires électriques

Au Royaume-Uni, Stellantis a dévoilé un projet d'investissement de 117 millions d'euros dans son usine d'Ellesmere Port. L'activité du site va être pérennisée grâce à la production de véhicules utilitaires électriques.

Réservé aux abonnés
Véhicules utilitaires électriques Stellantis
Menacé par le Brexit, le site Stellantis d'Ellesmere Port devrait finalement trouver son salut dans les utilitaires électriques.

Nouvelle rassurante pour la filière automobile britannique. Mardi 6 juillet, Stellantis a annoncé de nouveaux plans afin de pérenniser l’usine Vauxhall d’Ellesmere Port au Royaume-Uni. Le site anglais, construit en 1962, va assurer la construction de plusieurs véhicules utilitaires 100% électriques.

Pourparlers entre Stellantis et le Royaume-Uni

L’investissement s'élève à 100 millions de livres sterling (environ 117 millions d’euros). Le projet devrait permettre de sécuriser plus de 1 000 postes, auxquels il faut ajouter plusieurs milliers d’emplois indirects. L’annonce de Stellantis met ainsi fin à plusieurs mois d’incertitudes sur l’avenir du site industriel qui assemble notamment les modèles Opel Astra.

Stellantis avait gelé ses investissements à Ellesmere Port, pointant du doigt le manque de soutien du gouvernement britannique et les difficultés liées au Brexit. La décision du Royaume-Uni d’avancer à 2030 la sortie des moteurs thermiques a également renforcé la pression sur les industriels. Le constructeur automobile semble finalement avoir trouvé un compromis avec le Royaume-Uni. Le site va arrêter de produire des Opel Astra pour assembler des vans électriques, un segment en forte croissance avec le développement de la livraison en zones urbaines.

« Nous nous sommes engagés à maintenir l'emploi à Ellesmere Port », a assuré lors d'une visioconférence Arnaud Deboeuf, directeur industriel de Stellantis. Le dirigeant ne s’est en revanche pas avancé sur d’éventuelles créations de postes. « L'évolution de la main-d'œuvre sera liée à l'évolution du marché », a-t-il expliqué, rappelant par ailleurs les difficultés liées à la crise sanitaire et aux pénuries de puces.

Basculement de la production avant fin 2022

« Ellesmere Port deviendra le premier site de production Stellantis dédié aux véhicules utilitaires légers (VUL) et véhicules particuliers (VP) électriques des marques Vauxhall, Opel, Peugeot et Citroën », indique Stellantis dans un communiqué. L’investissement permettra de financer un nouvel atelier de carrosserie, la modernisation de l’atelier de montage, une réduction de la surface du site et une nouvelle zone d’assemblage de batteries.

D’ici à la fin de l’année 2022, l’usine d’Ellesmere Port va assurer la production de plusieurs véhicules utilitaires légers 100% électriques ainsi que leurs versions de tourisme: les Vauxhall Combo-e, Opel Combo-e, Peugeot e-Partner et Citroën e-Berlingo. Tous ces véhicules sont « alimentés par un moteur de 100 kW (136 chevaux) avec une batterie lithium-ion de 50 kWh. Ils acceptent une charge maximale de 100 kW et passent de 0% à 80% de charge en seulement 30 minutes », précise Stellantis. Ils affichent également une autonome de 280 kilomètres (selon les normes WLTP).

La stratégie électrique de Stellantis attendue

Stellantis précise qu’il souhaite lancer des consultations « concernant de possibles investissements supplémentaires sur le site d’Ellesmere Port ». Ces annonces interviennent alors que le nouveau groupe, issu de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA), doit dévoiler sa stratégie dans la mobilité électrique jeudi 8 juillet. Un concurrent de Stellantis, Nissan, a quant à lui sécurisé son usine de Sunderland le 1er juillet en dévoilant un projet de gigafactory avec Envision AESC.

Le projet soulève malgré tout plusieurs interrogations, notamment sur l’approvisionnement en batteries. « Aujourd'hui, nous ne pouvons pas annoncer que nous avons un fournisseur au Royaume-Uni, a indiqué le directeur industriel de Stellantis. Mais cela ne signifie pas qu'à l'avenir, si nous avons besoin de capacités supplémentaires, nous ne confierons pas une partie de la production au Royaume-Uni. »

Pour l’instant, les seuls projets officiels de gigafactory menés par Stellantis se situent à Douvrin (Pas-de-Calais), en collaboration avec Saft dans la coentreprise ACC, et à Kaiserslautern en Allemagne. Le constructeur automobile étudie la construction d’une troisième usine de batteries. Mais il semblait pour l'heure plutôt privilégier une implantation en Italie

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.