Saarstahl renonce à délocaliser une partie de la production d'Ascoval en Allemagne

Le groupe sidérurgiste Saarstahl, qui envisageait de délocaliser en Allemagne 40% de la production de l'usine Ascoval de Saint-Saulve (Nord) en raison de la hausse des prix de l'électricité, a finalement abandonné cette piste. La mobilisation en interne et l'intervention du ministère de l'Economie ont pesé dans la balance.

Réservé aux abonnés
 Ascoval, aciérie à Saint-Saulve qui produit des ronds de coulée continue de différents diamètres en acier au carbone et allié et des produits forgés
L'usine Ascoval produit des blooms qui servent notamment à fabriquer des rails pour la SNCF.

Les quelque 270 salariés de l'usine Ascoval, située à Saint-Saulve (Nord), pourront dormir sur leurs deux oreilles. Alors que les représentants des syndicats CGT et CFDT du site, racheté il y a quatre mois par Saarstahl, avaient affirmé mercredi 17 novembre que 40% de la production de l’aciérie pourrait temporairement être transférée en Allemagne, le groupe sidérurgiste allemand a indiqué deux jours plus tard qu'il n'en serait rien.

Une usine stratégique

Les dirigeants avaient envisagé cette délocalisation partielle en raison de la hausse des prix de l'électricité. Une augmentation qui plomberait selon eux l'activité de l'usine alimentée par un four électrique, quand les hauts fourneaux allemands du groupe tournent au charbon, une énergie bien moins chère mais beaucoup plus polluante. Dans un communiqué, Saarstahl a néanmoins indiqué que les «nombreux pourparlers» avec «les autorités françaises» avaient débouché sur un «succès».

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait en effet affirmé le 18 novembre qu’il n’était «pas question» que l’aciérie voie son activité délocalisée «définitivement» en Allemagne, en rappelant que le gouvernement s'était «battu avec beaucoup d'énergie» pour sauver cette usine qui produit notamment des blooms (aciers longs) pour l'usine d'Hayange (Moselle), elle-même fournissant des rails à SNCF Réseau et à la RATP. Bercy avait accordé un prêt de 20 millions d'euros à l'usine pour que les salaires soient payés au début de l'année, puis avait méticuleusement étudié les offres de reprise au cours de l'été. Saarstahl avait été sélectionné au détriment du géant ArcelorMittal et de l'italien Beltrame grâce à sa promesse d'investir 40 millions d'euros dans l'usine et de verdir la production d'acier.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

De vives critiques

Le gouvernement et le groupe allemand n'ont pas détaillé la nature de leurs négociations et les concessions obtenues, mais la facture d'électricité du site sera probablement revue à la baisse. Saarstahl ne sera d'ailleurs pas le seul à bénéficier d'un rabais, puisque la ministre déléguée en charge de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher avait annoncé début novembre une aide de 150 millions d’euros destinée aux entreprises très consommatrices d’électricité.

Une attitude qui permet à l'exécutif de se présenter comme le héraut de l'industrie décarbonée, alors que plusieurs candidats à la présidentielle en ont déjà fait leur cheval de bataille. En quelques jours, le député du Nord et candidat communiste Fabien Roussel avait écrit à Bruno Le Maire pour lui demander d’« intervenir sans délai », et Valérie Pécresse comme Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, avaient eux aussi exprimé publiquement leur indignation face au projet de délocalisation.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs