Se faire discrets et tenter de passer sous les radars. C’est la ligne de conduite des industriels de l’armement – Thales, Dassault Aviation et la filiale française du missilier MBDA –, qui ne souhaitent pas faire de commentaires après la plainte déposée par un collectif d’ONG* début juin devant le tribunal judiciaire de Paris.
Ce collectif demande l’ouverture d’une instruction pour « leur éventuelle complicité dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés au Yémen, lesquels auraient pu être commis du fait de leurs exportations d’armes vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ». « Il est difficile de lire ça sur son entreprise, mais nous ne faisons qu’exécuter ce que nous demande l’État, ni plus ni moins », concède un salarié de l’un des groupes.
En s’attaquant directement aux entreprises, ces ONG ne visent-elles pas avant tout la politique d’exportation d’armes de la France ? Un angle d’attaque parfaitement trouvé, puisque pour exporter leurs systèmes d’armes, les industriels doivent bénéficier expressément d’une licence de la part de l’État.
* Mwatana for Human Rights, le European center for constitutional and human rights (ECCHR) et Sherpa, avec le soutien d’Amnesty International France

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n° 3710 - Septembre 2022



