Les ventes d’armes françaises à l’export repartent à la hausse. Le ministère des Armées mise pour les années 2021 et 2022 sur un montant cumulé de 30 milliards d’euros. L’information a été communiquée ce 9 décembre à l’occasion de son point presse hebdomadaire. Il faudra attendre la prochaine parution du rapport parlementaire sur ce sujet pour connaître la répartition précise entre les deux années.
Ce chiffre marque néanmoins une augmentation impressionnante de 50% des exportations d’armes en moyenne sur un an, puisque ces dernières années, leur montant était habituellement de l’ordre de 10 milliards d’euros par an.
L’enjeu dépasse la simple performance commerciale. Les commandes à l’export permettent d’amortir les coûts de développement des technologies militaires réalisées d’abord pour les armées françaises et d’autre part de faire tourner les chaînes de production sur de plus longues séries. «L’exportation d’armement est une condition de notre autonomie stratégique et de notre souveraineté», a indiqué, à cette occasion, Hervé Grandjean, le porte-parole des armées.
Après les Rafale, des ventes de frégates espérées

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Comment expliquer une telle augmentation sur 2021 et 2022 ? Le récent contrat record pour l’achat de 80 Rafale pour 14 milliard d’euros signé par les Emirats arabes unis, contribue largement à cette performance commerciale. Dassault Aviation n’est pas le seul bénéficiaire de la récente visite du président Emmanuel Macron à Dubaï. MBDA et Safran ont également décroché des commandes pour 2 milliards d’euros pour des missiles et des bombes tandis qu’Airbus Helicopters a vendu 12 hélicoptères Caracal pour plusieurs centaines de millions d’euros.
Au-delà de l’aviation de combat, le secteur naval est également un fort contributeur aux exportations d’armes tricolores. En septembre dernier, Naval Group a ainsi signé un protocole d’accord en vue de vendre des frégates de combat à la Grèce. Les négociations portent sur trois frégates dites de défense et d’intervention avec leurs équipements ainsi qu’une frégate supplémentaire en option. Là encore, la vente devrait se chiffrer en milliards d’euros.
Le secteur terrestre est un contributeur plus modeste. Dans ce segment, en septembre dernier, Nexter a vendu 52 canons d’artillerie Caesar aux armées de la République tchèque pour un montant non rendu public.
La récolte de contrats devrait se poursuivre en 2022. Dassault Aviation concourt avec le Rafale en Finlande et l’Indonésie s’est déclaré intéressé par l’avion de combat français. Pour sa part, Naval Group est short-listé sur une compétition pour la fourniture de quatre sous-marins à la marine néerlandaise. Toutefois, l’industriel tricolore est dans le rôle de l’outsider face à ses concurrents directs, l’allemand TKMS et le suédois SAAB.
Un juste retour pour l'Etat
La France serait également bien placée pour fournir des sous-marins à l’Indonésie. Suite à la rupture du contrat des sous-marins entre Paris et Canberra, les deux pays ont opéré un premier rapprochement stratégique incluant un volet défense.
Pour les caisses de l’Etat, les contrats à l’exportation sont également une bonne nouvelle. Le ministère des Armées perçoit une redevance à l’exportation sur les contrats d’armement. «On met le pied à l’étrier des industriels en leur payant pour nos besoins propres le développement d’un nouvel équipement. Si, grâce à ce produit particulièrement moderne, les industriels arrivent à le vendre à l’exportation, on a un pourcentage de montant de la vente qui revient dans nos caisses», explique Hervé Grandjean. Ce pourcentage, de l’ordre de 2%, est calculé sur la base des paiements effectués par le ministère pour développer la technologie. La somme perçue ne peut excéder le montant du financement accordé par le ministère. A titre d’exemple, le développement des différents standards du Rafale qui lui permettent de disposer des dernières technologies, est financé par le ministère des Armées et non par les industriels. Le dernier standard F4R a couté à l’Etat 1,9 milliard d’euros, le standard F3 précédent, 1 milliard d'euros.
Par ailleurs, le ministère des Armées ne se privera pas non plus de négocier ses tarifs d’achats avec ses fournisseurs. Grâce à la production accélérée des Rafale, il compte bien bénéficier d’une baisse du prix unitaire de l’appareil liée à l'optimisation des coûts de production. A la guerre, comme à la guerre.



