Production et demande en hausse, l’Agence internationale de l’énergie anticipe une année 2022 «plus confortable» sur le marché du pétrole

Selon le dernier rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production mondiale de pétrole sera supérieure à la demande en 2022. De quoi calmer la hausse des cours. En dépit de la 5e vague de Covid-19 et de l'émergence du variant Omicron, la demande d’or noir devrait retrouver ses niveaux pré-pandémie dès l’année prochaine.
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plate-forme offshore pétrole P-51 Brésil
L'AIE prévoit un retour de la demande à son niveau pré-pandémie en 2022, et un léger surplus de production en début d'année.

La production mondiale de pétrole devrait dépasser la demande ce mois-ci, alors que le variant Omicron et son prédécesseur Delta restreignent à nouveau l'activité et les déplacements. Ce qui pèse sur la demande. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié le 14 décembre son rapport mensuel, très attendu depuis l’émergence du variant Omicron, qui a fait chuter le cours du baril de Brent à 65 dollars fin novembre, contre 75 aujourd’hui.

La production de pétrole a augmenté, tant aux Etats-Unis que chez les producteurs de l'Opep+. Selon l'AIE, la hausse a atteint 970 000 barils par jour en novembre, portée par la reprise des forages aux Etats-Unis : selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), la production de brut du bassin permien au Texas, le plus grand bassin de schiste des États-Unis, et du Nouveau-Mexique pourrait augmenter de 71 000 barils par jour pour atteindre 5 millions de barils par jour (Mb/j). Le Canada, le Brésil, l’Arabie saoudite et la Russie pourraient également «pomper à leurs plus hauts niveaux annuels jamais enregistrés», ajoute l’AIE. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) avaient en effet confirmé début décembre l'augmentation graduelle de leur production. Si les pays de l’Opep+ renonçaient à leurs coupes volontaires, la production mondiale d’or noir pourrait augmenter de 6,4 Mb/j l’an prochain, contre 1,5 Mb/j cette année, d'après l'AIE.

Un surplus mondial de 1,7 million de barils par jour attendu au premier trimestre

La demande de pétrole devrait suivre la même pente ascendante. Selon l’AIE, la demande en pétrole devrait croître de 5,4 Mb/j en 2021 (sur une année 2020 très faible en raison des confinements et arrêts d'activité) et de 3,3 Mb/j en 2022, atteignant alors les niveaux pré-pandémie de 99,5 Mb/j. L’Agence internationale de l’énergie a toutefois revu ses prévisions à la baisse de 100 000 barils par jour en 2021 et 2022, en raison de l’impact prolongé de la pandémie et de la faible demande dans le secteur aérien.

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D’autres barils, issus des réserves stratégiques de pétrole, pourraient toutefois s’ajouter à ceux extraits. Le 23 novembre, les Etats-Unis ont annoncé puiser 50 millions de barils issus de leurs propres stocks afin de faire baisser les prix de l’énergie, dans une action coordonnée avec la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Japon et le Royaume-Uni. Le recours de ces pays à leurs réserves stratégiques pourrait représenter en tout «jusqu’à 70 millions de barils», fait savoir l’AIE. De quoi réapprovisionner les industries de l’OCDE, dont les stocks en novembre pourraient encore être inférieurs de 23 millions de barils à la moyenne des cinq dernières années, selon de premières estimations.

La hausse conjuguée de la demande et de la production devrait permettre de dégager un surplus mondial de brut de 1,7 Mb/j au premier trimestre, et de 2 Mb/j au deuxième, anticipe l’AIE. «Si cela se produisait, 2022 pourrait en effet s’avérer plus confortable», conclut l’Agence.

L'Arabie saoudite se réjouit, l'Iran attend un accord

Les pays de l’Opep figurent parmi les premiers bénéficiaires de la hausse du prix du baril, en particulier l’Arabie saoudite. Le premier exportateur mondial de pétrole devrait dégager son premier excédent budgétaire depuis 2013. Celui-ci atteindrait, selon le roi Salmane, «90 milliards de riyals», soit 21 milliards d’euros et 8,6% des recettes du pays. Selon les analystes, Riyad ne peut équilibrer son budget qu’à partir d'un prix de 70 à 80 dollars le baril de pétrole. Les Émirats arabes unis et le Qatar profiteraient quant à eux de l’embellie pour compenser les pertes de leur secteur touristique, très atteint par la crise sanitaire.

Par ailleurs, les négociations en cours sur le nucléaire iranien pourraient encore doper le marché du brut. Si un accord était conclu entre Téhéran et les cinq parties restantes (France, Allemagne, Royaume-Uni, Chine et Russie), l’Iran pourrait en effet reprendre ses exportations de pétrole. Ali Bagheri, le négociateur en chef iranien, a déclaré le 12 décembre à l’agence officielle iranienne Irna que les discussions avaient progressé, notamment sur l’ordre du jour.

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